Après le retrait de Macky Sall de la course au secrétariat général des Nations unies, Mame Mbaye Niang défend le choix de l’ancien président sénégalais. Selon l’ancien ministre, les rapports de force au Conseil de sécurité et le refus de renoncer à ses convictions expliquent cette décision.
Mame Mbaye Niang pointe le risque du veto
Macky Sall a annoncé, le samedi 17 octobre 2026, le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette décision est intervenue au lendemain du vote informel du Conseil de sécurité organisé le 16 octobre, après des consultations avec Évariste Ndayishimiye, président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, ainsi qu’avec Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal et président en exercice de la CEDEAO. <Link url= »https://aps.sn/macky-sall-retire-sa-candidature-au-poste-de-secretaire-general-de-lonu/ » title= »Source : APS »/>.
Intervenant lors d’un direct sur TikTok, Mame Mbaye Niang, ancien ministre et proche de l’ancien chef de l’État, a estimé que les rapports de force entre les grandes puissances rendaient la poursuite de la candidature particulièrement difficile.
« Quand on essuie un droit de veto, on ne peut pas être élu Secrétaire général. Il s’agissait aujourd’hui de reprendre les discussions entre les cinq puissances afin de trouver un consensus », a-t-il expliqué.
Le Conseil de sécurité compte cinq membres permanents — les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni — dont chacun dispose d’un droit de veto. Une opposition de l’un de ces membres peut ainsi empêcher l’adoption de la recommandation nécessaire à la nomination du futur secrétaire général.
« Macky Sall ne va jamais transiger sur ses convictions »
Pour Mame Mbaye Niang, l’ancien président sénégalais aurait pu poursuivre les négociations avec les grandes puissances afin de tenter de rallier les soutiens nécessaires. Mais, selon lui, Macky Sall n’était pas disposé à faire des concessions contraires à ses principes.
« Mais qui connaît Macky Sall sait qu’il ne va jamais transiger sur ses convictions. C’est un homme de principe dont le monde entier reconnaît le parcours et le discours », a-t-il affirmé.
L’ancien ministre inscrit également cette décision dans un contexte international marqué par les divergences stratégiques entre Washington, Moscou, Pékin et les capitales européennes. Selon son analyse, ces rivalités ont pesé sur les candidatures et compliqué la recherche d’un consensus au sein du Conseil de sécurité.
Une préférence pour une candidature féminine ?
Mame Mbaye Niang a également évoqué les discussions autour du profil du prochain secrétaire général de l’ONU. Il affirme que plusieurs pays européens, à l’exception de la France, privilégieraient une candidature féminine, tandis que Paris soutiendrait davantage une candidature africaine.
Cette lecture des positions diplomatiques relève de l’analyse de l’ancien ministre. Le processus de sélection reste, en effet, tributaire des négociations entre les membres du Conseil de sécurité et de leur capacité à s’accorder sur un candidat.
« En quelque sorte, conserver ses principes et refuser d’être la marionnette de personne, c’est ce qui l’a poussé à jeter l’éponge », a insisté Mame Mbaye Niang.
Macky Sall privilégie le consensus, selon son annonce officielle
Dans sa déclaration annonçant son retrait, Macky Sall a lui-même invoqué un « profond sens des responsabilités » et sa volonté de contribuer à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité. Il a également indiqué que les différents votes tests semblaient favoriser une candidature issue de l’Amérique latine et des Caraïbes, éventuellement portée par une femme. <Link url= »https://www.rts.sn/actualite/detail/a-la-une/onu-macky-sall-se-retire-de-la-course-au-secretariat-general » title= »Lire la déclaration rapportée par la RTS »/>.
Mame Mbaye Niang défend ainsi une interprétation politique du retrait : celle d’un ancien chef d’État qui, face aux contraintes diplomatiques, aurait préféré préserver ses convictions plutôt que poursuivre une campagne au prix de compromis.
Au-delà de cette candidature, l’épisode illustre les difficultés auxquelles se heurtent les ambitions de réforme de la gouvernance mondiale, dans un contexte de rivalités entre grandes puissances et de débats persistants sur la place de l’Afrique au sein des institutions internationales.
