À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme célébrée ce 25 avril, le Sénégal met en avant les progrès réalisés dans la lutte contre cette maladie au cours des trois dernières décennies. Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le professeur Aliou Thiongane, a annoncé que 92 % des districts sanitaires du pays sont désormais en phase de pré-élimination du paludisme.
Le professeur Aliou Thiongane a expliqué que les autorités sanitaires souhaitent désormais franchir une nouvelle étape en renforçant les stratégies déjà en place et en introduisant de nouvelles mesures pour atteindre l’objectif d’élimination complète de la maladie.
Les équipes sanitaires concentrent leurs efforts sur la prévention, la sensibilisation des populations, le changement de comportement, le diagnostic précoce ainsi que le traitement systématique des cas confirmés. Les autorités misent également sur la prise en charge transfrontalière afin de surveiller, dépister et traiter les personnes vivant dans les zones frontalières avec les pays voisins.
Le responsable du PNLP a toutefois souligné que la situation reste très contrastée selon les régions du pays. Il distingue deux grandes zones épidémiologiques : une zone de faible transmission couvrant 63 des 79 districts sanitaires, située principalement dans le nord et le centre du Sénégal, et une zone de forte transmission appelée « zone KKT », qui regroupe les régions de Kolda, Kédougou et Tambacounda.
Dans ces régions du sud et du sud-est, le paludisme continue de représenter un important problème de santé publique. Selon le professeur Thiongane, l’incidence peut dépasser 100 cas pour 1 000 habitants dans certaines localités.
Malgré ces défis, le Sénégal a considérablement réduit les impacts de la maladie. Entre 2000 et 2025, le taux d’incidence national est passé de 32 cas pour 1 000 habitants à environ 13 cas pour 1 000 habitants. Dans le même temps, les autorités sanitaires ont fortement réduit la mortalité liée au paludisme, passée d’environ 29 % à seulement 0,7 % en 2025.
Pour atteindre ces résultats, les services de santé ont mis en œuvre plusieurs stratégies. Les autorités appliquent notamment des mesures de prévention médicamenteuse comme la chimio-prévention saisonnière destinée aux enfants âgés de 3 mois à 10 ans, l’administration massive de médicaments dans certaines zones et le traitement préventif intermittent pour les femmes enceintes.
En parallèle, les programmes de prévention non médicamenteuse encouragent l’utilisation de moustiquaires afin de réduire les piqûres de moustiques, principales responsables de la transmission du paludisme.
