Lors du sommet Russie-Afrique, Balibe Serge Auguste Bayala, président de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’AES (BCID-AES), a plaidé pour une coopération économique fondée sur l’égalité, la diversification des échanges et la définition conjointe des priorités. Il estime que les relations entre Moscou et les pays africains doivent favoriser une transformation durable des économies et mieux répondre aux besoins des populations.
La coopération entre la Russie et l’Afrique doit dépasser les déclarations diplomatiques pour se traduire par des résultats économiques concrets. C’est le message défendu par Balibe Serge Auguste Bayala lors du sommet Russie-Afrique. Le président de la BCID-AES a insisté sur la nécessité de construire un partenariat dans lequel les deux parties définissent ensemble leurs objectifs et leurs priorités.
Un partenariat stratégique fondé sur l’égalité
Pour Balibe Serge Auguste Bayala, le caractère stratégique d’un partenariat ne garantit pas nécessairement l’égalité entre les parties. Il a illustré cette interrogation par une anecdote survenue lors de son voyage vers la Russie. À l’aéroport de Rabat, un agent de sécurité avait qualifié Moscou de « partenaire stratégique » après avoir appris sa destination.
Cette remarque l’a conduit à s’interroger sur la portée réelle de cette relation. Selon lui, l’égalité ne doit pas se limiter aux discours diplomatiques. Elle suppose surtout que les partenaires définissent ensemble les projets et les priorités.
« Pour nous, l’égalité n’est pas un aspect diplomatique. C’est beaucoup plus sérieux que cela. Pour nous, c’est définir ensemble les priorités », a-t-il déclaré.
Le responsable a ainsi rejeté l’idée d’une coopération reposant uniquement sur des projets conçus à l’avance par l’un des partenaires. Il estime que la Russie doit pouvoir défendre ses intérêts, tout comme les pays africains doivent faire valoir leurs propres agendas.
Diversifier les échanges et mieux couvrir le continent
Le président de la BCID-AES a également pointé la concentration des échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique autour d’un nombre limité de produits. Selon les chiffres qu’il a présentés, près de 90 % des échanges concernés porteraient principalement sur le pétrole et ses dérivés, le blé et les métaux.
Il a également souligné la concentration géographique de ces échanges. D’après son intervention, au moins 70 % des flux évoqués se dirigeraient vers trois pays d’Afrique du Nord.
Face à ce constat, Balibe Serge Auguste Bayala a appelé à élargir les échanges commerciaux et à mieux intégrer les différentes régions africaines. Pour lui, la diversification doit permettre de dépasser les secteurs traditionnels et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques.
Cette évolution nécessite toutefois des efforts des deux côtés. La Russie doit contribuer à une coopération plus diversifiée, tandis que les pays africains doivent renforcer leurs marchés et leur capacité à développer des projets communs.
L’intégration africaine, une condition de l’égalité
Le président de la BCID-AES a rappelé que l’Afrique ne constitue pas un ensemble économique homogène. Le continent comprend plusieurs niveaux de priorités : l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les organisations sous-régionales, la Confédération des États du Sahel (AES) et les stratégies propres à chaque État.
Selon lui, les partenaires russes doivent tenir compte de cette diversité pour construire une coopération adaptée aux réalités du continent. Une approche globale permettrait notamment d’éviter de reproduire les déséquilibres observés dans certains partenariats antérieurs.
Il a par ailleurs évoqué le faible niveau d’intégration des marchés africains, qu’il a estimé à moins de 16 %. Ce déficit complique la construction d’un rapport économique équilibré et souligne la nécessité de renforcer les échanges entre pays africains.
Balibe Serge Auguste Bayala considère ainsi que l’égalité entre partenaires constitue un objectif à construire à moyen et long terme. Elle passe, selon lui, par la définition de priorités communes, la diversification des échanges et le développement de capacités économiques propres au continent.
Une coopération orientée vers les populations
Au-delà des volumes commerciaux, le président de la BCID-AES a insisté sur la finalité du partenariat russo-africain : transformer durablement les économies et améliorer les conditions de vie des populations.
Il estime que la réussite de cette coopération doit se mesurer à ses effets concrets, aussi bien en Russie qu’en Afrique. Cette approche suppose de dépasser une relation centrée sur les exportations de matières premières pour favoriser une diversification des activités et une meilleure prise en compte des besoins locaux.
À travers son intervention, Balibe Serge Auguste Bayala défend donc une coopération fondée sur la réciprocité, la concertation et l’intégration économique. La concrétisation de cette ambition dépendra toutefois de la capacité des partenaires à traduire ces principes en projets communs et en résultats mesurables.
