Le Premier ministre Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots. Présidant ce mardi la deuxième édition de la grande finale du Gov’athon 2025, organisée au Centre international Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, le chef du gouvernement a livré un discours offensif, axé sur l’action, l’innovation et la transformation économique.
Devant un parterre d’étudiants, de porteurs de projets et d’acteurs de l’innovation, Ousmane Sonko a profité de la tribune pour lancer une charge frontale contre la classe politique traditionnelle, qu’il accuse de stérilité.
« J’aurais préféré avoir 1 000 présidents-directeurs généraux qui tirent l’économie, créent des emplois et tirent le Sénégal vers les sommets que nous souhaitons atteindre que d’avoir 1 million de politiciens qui ne font que parler », a-t-il déclaré, sous les applaudissements de l’assistance.
L’innovation comme levier de rupture
Placée sous le thème des solutions innovantes capables de transformer l’administration publique, cette édition du Gov’athon se veut un laboratoire d’idées au service de l’efficacité de l’État. Pour le Premier ministre, l’innovation ne relève plus du luxe, mais d’une nécessité stratégique.
Il a rappelé que l’Afrique avait manqué plusieurs révolutions industrielles, soulignant l’urgence de ne pas rater celle du numérique, de la technologie et de l’intelligence collective.
« Nous n’avons plus le droit de rester spectateurs. Cette génération doit franchir plusieurs étapes d’un seul coup », a-t-il insisté.
Un appel direct à la jeunesse
S’adressant directement aux jeunes talents présents, Ousmane Sonko a mis l’accent sur le changement de mentalité comme condition première du développement. Selon lui, la transformation du Sénégal passera par des acteurs économiques forts, capables d’innover, de produire et de créer de la valeur, plutôt que par un discours politique sans impact concret.
Cette sortie, fidèle au style du Premier ministre, relance le débat sur le rôle des élites politiques et économiques dans le processus de développement. Elle confirme également la volonté affichée du gouvernement de faire de l’innovation et de l’entrepreneuriat les moteurs de la réforme de l’État et de la croissance économique.
