Selon le ministre de l’Information du gouvernement local, James Monyluak, l’attaque s’est produite vers 4 heures du matin, lorsqu’un très grand nombre de jeunes Nuers armés, originaires du comté voisin de Mayom et certains vêtus d’uniformes militaires, ont pris d’assaut Abiemnhom.

Les assaillants ont affronté les forces locales, causant la mort de 79 soldats et policiers tentant de les repousser. L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) a signalé avoir pris en charge 80 blessés par balles à l’hôpital d’Abyei situé à quelques kilomètres à l’ouest, dont certains sont décédés, y compris une femme enceinte.

Les casques bleus de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) ont accueilli près de 1 000 civils sur leur base et prodigué des soins d’urgence aux blessés. Face au nombre élevé de victimes, les autorités locales ont dû procéder à des enterrements dans une fosse commune.

Une violence intercommunautaire et politique

Les motivations de l’attaque restent incertaines, mais les autorités locales évoquent des affrontements intercommunautaires. Cette violence survient alors que le Soudan du Sud connaît une recrudescence des hostilités, notamment dans l’État de Jonglei, où les combats entre les partisans du président et ceux de l’opposant Riek Machar se sont intensifiés malgré l’accord de paix signé en 2018 pour mettre fin à la guerre civile de 2013.

Selon Priyanka Chodhury, porte-parole de la Minuss, « le pays reste fragile, les tensions politiques se traduisant par une insécurité croissante sur le terrain ». Elle précise que les combats se traduisent par des bombardements aériens, des déplacements massifs de populations, ainsi que par des destructions et pillages d’infrastructures humanitaires.

Appels à l’action et assistance humanitaire

Face à la gravité de la situation, le porte-parole de la Minuss exhorte toutes les parties à cesser les hostilités et à engager un dialogue constructif.

Les autorités de Ruweng demandent également l’ouverture d’une enquête, le renforcement des forces de sécurité et l’envoi d’aide humanitaire dans la région. Elles accusent les autorités de Mayom, dans un contexte de tensions persistantes entre les communautés Nuer de Mayom et Dinka d’Abiemnhom, d’être à l’origine de cette attaque meurtrière.

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