La ville de Rumbek, capitale de l’État des Lacs, au centre du Soudan du Sud, a été le théâtre de violents affrontements communautaires vendredi 9 octobre. Le gouvernement fait état de 71 morts, dont quatre soldats. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, l’ONU a déployé des Casques bleus pour prévenir de nouveaux combats et protéger les infrastructures sensibles.

Rumbek secouée par des affrontements meurtriers

Des tirs d’armes automatiques ont retenti dès les premières heures de la matinée à Rumbek. Selon les informations rapportées, de jeunes bergers lourdement armés, issus d’un clan dinka du nord de la ville, ont fait irruption dans la localité vers 4 heures du matin. Ils auraient poursuivi des membres d’un clan rival, provoquant la panique et la fuite de nombreux habitants.

Les scènes de violence ont fait de nombreuses victimes. Le bilan communiqué par les autorités sud-soudanaises s’élève à 71 morts, parmi lesquels quatre militaires. Les affrontements ont également contraint des habitants à quitter leurs quartiers pour échapper aux tirs.

Le gouvernement a toutefois affirmé que les forces nationales avaient repris le contrôle de la ville vendredi soir. Il a également annoncé le déploiement de renforts sécuritaires pour prévenir une nouvelle flambée de violence.

Les Casques bleus mobilisés pour protéger les civils

Face à cette situation, la Mission des Nations unies au Soudan du Sud a déployé des Casques bleus afin de contribuer à prévenir de nouveaux affrontements. Les militaires onusiens doivent également protéger l’hôpital et les organisations humanitaires présentes dans la ville.

« La situation est calme mais tendue », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, vendredi en fin de journée.

Pour Machot Amuom, chercheur sud-soudanais, ces violences s’inscrivent dans un conflit opposant deux clans dinka, dont « les causes historiques n’ont jamais été résolues ». Cette rivalité persistante continue ainsi d’alimenter les tensions communautaires dans la région.

Le processus électoral fragilisé par l’insécurité

Au-delà du bilan humain, ces affrontements relancent les inquiétudes sur la situation politique et sécuritaire du pays, à quelques mois des élections prévues en décembre.

Daniel Laat Kon, membre de l’organisation de la société civile CEPO, estime que la dissolution du gouvernement de transition, le 22 septembre, a contribué à fragiliser la situation. Selon lui, les nouvelles autorités locales ne sont pas encore pleinement installées à Rumbek.

Il appelle l’État à désarmer les jeunes civils avant le scrutin afin de réduire les risques de nouvelles violences. « Comment envisager de préparer un scrutin quand les gens vivent dans la peur ? », s’interroge-t-il.

Ces affrontements illustrent les défis auxquels le Soudan du Sud reste confronté pour garantir la sécurité des populations et créer les conditions nécessaires à la tenue des élections prévues en décembre.

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