Des responsables du Groupe de concertation des acteurs politiques placés en garde à vue

Neuf dirigeants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), principale coalition d’opposition au régime du président Mahamat Idriss Déby Itno au Tchad, ont été arrêtés samedi puis placés en garde à vue.

Selon Hissein Abdoulaye, porte-parole du GCAP, les responsables politiques étaient toujours détenus dimanche dans les locaux de la police judiciaire. Une source policière a également confirmé leur maintien en garde à vue.

Une coalition d’opposition très critique du pouvoir

Le Groupe de concertation des acteurs politiques rassemble 13 partis politiques ainsi que des représentants de la société civile. La plateforme s’est distinguée ces dernières années par sa contestation des élections et ses appels répétés au boycott des scrutins organisés par le pouvoir.

Les arrestations surviennent alors que la coalition préparait une « marche de protestation et d’indignation » prévue le 2 mai, une mobilisation interdite par le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration.

Une manifestation contre « l’injustice et l’exclusion »

Dans un communiqué publié mi-avril, le GCAP appelait les citoyens à manifester contre « l’injustice, l’exclusion » et pour « le rétablissement des droits, des libertés et de la justice ».

Vendredi, les autorités tchadiennes ont annoncé la dissolution du Groupe de concertation des acteurs politiques à la suite d’un arrêt de la Cour suprême. Le ministère de la Sécurité a demandé aux membres de la coalition de « cesser immédiatement cette manœuvre », qualifiée de menace pour l’ordre public.

Une réforme constitutionnelle vivement contestée

Cette montée des tensions intervient dans un contexte politique déjà tendu. En octobre dernier, le Parlement tchadien a adopté une révision constitutionnelle instaurant un mandat présidentiel de sept ans renouvelable sans limitation.

L’opposition considère cette réforme comme une dérive autoritaire susceptible de permettre à Mahamat Idriss Déby Itno de se maintenir durablement au pouvoir.

L’opposition dénonce « l’arbitraire »

Le parti d’opposition Les Transformateurs a condamné les arrestations des dirigeants du GCAP, affirmant que « l’arbitraire ne doit pas devenir la règle » au Tchad.

Le parti a également évoqué le cas de Succès Masra, son président et ancien Premier ministre, arrêté en mai 2025 puis condamné à 20 ans de prison pour « incitation à la haine et à la violence ».

L’Human Rights Watch avait alors dénoncé un procès « politiquement motivé ».

Des appels à la libération des opposants

Le défenseur des droits humains Makaila N’Guebla a également dénoncé ces arrestations et demandé la « libération immédiate et sans condition » des dirigeants du GCAP.

Depuis la France, où il vit en exil, il a appelé la communauté internationale à réagir face à ce qu’il qualifie de « dégradation de la situation des droits humains » au Tchad.

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