Malgré ses plages, ses mangroves et son riche patrimoine culturel, la Casamance peine à développer pleinement son potentiel touristique. À l’occasion de la Journée internationale du tourisme, les professionnels du secteur ont dénoncé l’enclavement de la région et les difficultés liées aux infrastructures.

Face au ministre du Tourisme, Alpha Thiam, les acteurs locaux ont également évoqué plusieurs engagements qu’ils jugent encore insuffisamment suivis d’effets.

Le transport aérien pénalise la destination

Alain Fiacre Badji, président du Syndicat d’initiative de Ziguinchor, a notamment dénoncé le coût élevé des billets d’avion.

« Il est temps qu’on mette fin à la récréation avec Air Sénégal », a-t-il déclaré. Selon lui, les tarifs appliqués pour rejoindre le Cap Skirring réduisent l’attractivité de la destination.

Le responsable touristique estime que le coût du transport constitue un frein pour les visiteurs sénégalais comme pour les touristes étrangers. Il appelle ainsi à améliorer la régularité et l’accessibilité des liaisons aériennes vers le Sud.

Les dessertes maritimes et routières sous pression

Les difficultés ne concernent pas uniquement le transport aérien. Les professionnels déplorent également la réduction des liaisons maritimes entre Dakar et Ziguinchor.

Selon Alain Fiacre Badji, un seul navire assure actuellement cette liaison, contre trois auparavant. Cette situation complique davantage les déplacements vers la Casamance.

Le réseau routier constitue également une source de préoccupation. Les acteurs du tourisme citent notamment l’état du tronçon Ziguinchor-Kafountine, important pour l’accès à plusieurs sites touristiques.

Des hôtels fermés malgré le potentiel touristique

Les professionnels évoquent aussi la fermeture prolongée de certains établissements hôteliers. Ils citent notamment le Royal et l’hôtel de Kabrousse.

Pour les opérateurs locaux, ces fermetures réduisent les capacités d’accueil de la région. Elles interviennent alors que la Casamance dispose de plusieurs formes de tourisme.

La région peut notamment développer le tourisme balnéaire, l’écotourisme ainsi que le tourisme culturel et mémoriel.

Le Cap Skirring confronté à la concurrence régionale

Antoine Diatta, directeur de l’hôtel La Marsu, a lui aussi exprimé les préoccupations des professionnels. Il déplore notamment le manque de résultats concrets après plusieurs annonces publiques.

« Chaque année, le ministre vient, prononce des discours et repart sans que rien ne bouge », a-t-il déclaré.

L’hôtelier plaide pour la création de liaisons aériennes régulières et abordables. Il souhaite également une meilleure connexion entre le Cap Skirring et les principaux réseaux aériens internationaux.

Il s’interroge par ailleurs sur les coûts appliqués à l’aéroport de Cap Skirring. Selon lui, ces charges réduisent la compétitivité de la destination face aux infrastructures touristiques de la Gambie.

Il affirme que près de 90 % de la clientèle privilégie les flux passant par le territoire gambien. Ce chiffre, avancé par le professionnel, souligne selon lui l’importance de revoir les conditions d’accès à la Casamance.

Les professionnels réclament un plan d’urgence

Face à ces difficultés, les acteurs du tourisme demandent plusieurs mesures. Ils souhaitent notamment le renforcement des liaisons maritimes entre Dakar et Ziguinchor.

Ils réclament aussi la réhabilitation de la route Ziguinchor-Kafountine. La réouverture des établissements hôteliers fermés figure également parmi leurs priorités.

Les professionnels demandent enfin des mesures destinées à stimuler le tourisme intérieur. Pour eux, ces actions doivent accompagner une stratégie globale de relance.

La Casamance dispose d’importants atouts touristiques. Les acteurs du secteur souhaitent désormais que les infrastructures et les moyens de transport permettent à la région de mieux les valoriser.

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