La Section de recherches de Kaolack a mis au jour un vaste réseau de trafic d’armes artisanales opérant dans les marchés hebdomadaires du centre du pays. Au cœur de ce dispositif illégal figure un septuagénaire de 77 ans, présenté comme le principal fournisseur, dont les activités seraient liées à l’attaque récente d’un hôtel à Kaone.

Un trafic bien implanté dans les marchés hebdomadaires

Les enquêteurs de la Section de recherches de Kaolack ont démantelé un réseau spécialisé dans la vente d’armes artisanales actives dans plusieurs localités, notamment Kaolack, Fatick et Kaffrine. Selon Source A, ce trafic prospérait au cœur des « loumas », ces marchés hebdomadaires très fréquentés du centre du Sénégal.

À la tête de ce réseau se trouvait N. Niang, un homme âgé de 77 ans, qui exploitait son âge avancé pour passer inaperçu.

Un mode opératoire discret et efficace

D’après les révélations du journal, le septuagénaire se déplaçait de marché en marché, notamment au louma de Birkelane, muni d’un simple cartable. À l’intérieur, il dissimulait des pistolets artisanaux et des munitions, qu’il écoulait au prix d’environ 12 000 francs CFA l’unité.

Certains acheteurs, majoritairement des éleveurs, justifiaient leurs achats par un besoin de protection des troupeaux. Toutefois, les investigations ont rapidement établi que ces armes alimentaient en réalité le grand banditisme.

Des armes liées à l’attaque de l’hôtel “Le Jardin”

Selon les enquêteurs, les armes issues de ce réseau auraient notamment été utilisées lors de l’attaque de l’hôtel “Le Jardin” de Kaone, survenue le 29 décembre dernier. Cet élément a donné une dimension criminelle plus grave à l’affaire et accéléré le travail des forces de sécurité.

Une arrestation qui fait basculer l’enquête

L’enquête a connu un tournant décisif après l’interpellation d’un premier suspect, A. Mbaye, trouvé en possession de drogue et de deux pistolets artisanaux. Interrogé, ce dernier a dénoncé son fournisseur, orientant les gendarmes vers le septuagénaire.

Le 25 janvier, les éléments de la Section de recherches ont ainsi interpellé N. Niang au marché de Birkelane, en possession de trois pistolets supplémentaires et de 95 cartouches de calibres 12, 8 et 9 mm.

Des aveux partiels et un silence sur les complices

Entendu par les enquêteurs, le vieil homme a reconnu la vente d’armes, affirmant s’approvisionner sur le marché noir de Touba. En revanche, il a refusé de livrer l’identité de ses complices, laissant planer des zones d’ombre sur l’ampleur réelle du réseau.

Déférés devant la justice

À l’issue de la procédure, N. Niang et A. Mbaye ont été déférés ce lundi devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kaolack. Ils sont poursuivis pour vente et détention illégales d’armes et de munitions de troisième catégorie, conclut Source A.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la circulation inquiétante d’armes artisanales et les défis persistants en matière de sécurité dans certaines zones du pays.

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