Depuis le début de la guerre en Ukraine, les Nations unies ont recensé plus d’un millier de victimes de violences sexuelles. Dans la grande majorité des cas documentés, l’ONU attribue ces faits aux forces russes dans les territoires occupés. L’organisation rapporte des actes qui peuvent s’apparenter à de la torture et estime que le nombre réel de victimes pourrait être bien plus élevé.
Des violences documentées dans les territoires occupés
Les violences sexuelles constituent l’une des formes de violations des droits humains documentées par la mission de surveillance des Nations unies en Ukraine. Selon l’ONU, ces actes se produisent notamment dans les territoires contrôlés par les forces russes, ainsi que dans différents contextes liés à la détention.
Danielle Belle, cheffe de la mission de surveillance des droits de l’Homme en Ukraine, indique que les violences peuvent intervenir à plusieurs étapes de la détention : lors de la capture, dans les centres de détention, pendant les transferts ou les interrogatoires, mais également avant la libération ou les échanges de prisonniers.
Les faits recensés comprennent notamment des viols, des violences sexuelles collectives, des passages à tabac infligés à des victimes dénudées, des décharges électriques appliquées aux parties génitales, ainsi que des actes d’humiliation et de nudité forcée.
Des victimes âgées de 4 à 82 ans
Les données recueillies par l’ONU témoignent également de l’étendue des violences. Plus d’un millier de victimes ont été identifiées depuis le début du conflit. Parmi elles figurent aussi bien des civils que des combattants.
Selon les éléments communiqués par la mission onusienne, la victime la plus jeune recensée avait quatre ans, tandis que la plus âgée avait 82 ans.
Pour les Nations unies, ces chiffres ne reflètent toutefois qu’une partie de la réalité. L’accès limité aux personnes détenues et libérées complique en effet le travail de documentation des enquêteurs.
Des cas également documentés du côté ukrainien
La mission de surveillance de l’ONU a également recensé des accusations de violences sexuelles impliquant des membres des forces ukrainiennes. Elle fait état de 112 cas documentés.
Danielle Belle souligne toutefois que la nature des faits recensés et les conditions de leur documentation diffèrent.Près de la moitié des cas concernant la partie ukrainienne seraient liés à des menaces de traitements dégradants.
L’ONU relève par ailleurs une différence importante concernant l’accès aux lieux de détention. Selon la mission, les autorités ukrainiennes lui permettent d’accéder aux camps de prisonniers et aux centres de détention, contrairement à la Russie.
Un bilan probablement sous-estimé
Les Nations unies estiment que le nombre réel de victimes pourrait dépasser largement celui des cas actuellement documentés. Les enquêteurs n’ont pu interroger qu’environ 10 % des prisonniers libérés par les deux camps.
L’absence d’accès de la mission à la Russie constitue également une limite importante à l’établissement d’un bilan exhaustif. L’ONU poursuit ainsi ses investigations afin de documenter les violations présumées et d’établir les responsabilités sur la base des éléments disponibles.
