Face aux députés, le Premier ministre Ousmane Sonko a livré un discours ferme sur la situation économique du pays. Il a lié les efforts exigés des populations à l’exigence de justice et de reddition des comptes, tout en appelant à une lecture lucide des marges économiques réelles du Sénégal.
Des projets structurants à l’épreuve de leur impact réel
Devant les parlementaires, Ousmane Sonko a rappelé l’ampleur des projets structurants engagés ces dernières années. Il a cité, entre autres, le grand transfert d’eau, le réseau gazier destiné à renforcer la compétitivité nationale, les agropoles dans leur nouvelle configuration, le Port de Ndayane, l’extension de l’AIBD, les programmes de logements ainsi que le train.
Toutefois, le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’évaluer l’impact réel de ces investissements sur la transformation économique. Il a particulièrement mis en avant le projet Yakaar Teranga, présenté comme le plus structurant, avec un objectif affiché d’un coût de l’électricité à 60 francs CFA le kilowattheure, censé soutenir durablement la compétitivité du pays.
7 600 milliards de francs CFA en question
Ousmane Sonko s’est ensuite interrogé sur la gestion des 7 600 milliards de francs CFA de dette qu’il affirme avoir été contractés sous le régime de Macky Sall.
« Où est passé cet argent ? », a-t-il lancé, dénonçant une situation dans laquelle, selon lui, les populations sont invitées à faire preuve de patience et à consentir des sacrifices, tandis que les responsables présumés n’auraient « rien enduré ».
Justice et reddition des comptes, condition des sacrifices
Abordant la question de la gouvernance, le Premier ministre a salué le travail des corps de contrôle, tout en déplorant l’absence de suites judiciaires dans plusieurs dossiers sensibles. Il a averti que la patience des Sénégalais a des limites.
« Nous demanderons des sacrifices, mais il est impératif que justice se fasse », a-t-il martelé, avant de prévenir : « Si on ne fait pas le travail pour que ceux qui sont impliqués rendent compte, je ne demanderai plus aux Sénégalais de faire des sacrifices ».
Il a également reconnu nourrir peu d’illusions, estimant que « tout est fait pour libérer ceux qui sont impliqués ».
Un appel à la lucidité sociale
Enfin, Ousmane Sonko a invité les populations et les syndicats à une lecture réaliste de la situation économique. « Il n’y a pas encore de richesse à distribuer », a-t-il affirmé, évoquant la multiplication des revendications sociales, y compris celles qu’il qualifie d’« émergentes ».
Face à ce qu’il décrit comme une dette « abyssale », le Premier ministre a insisté sur la responsabilité collective : « Cette dette, nous la paierons ensemble », a-t-il conclu, appelant à conjuguer justice, rigueur et lucidité dans l’effort national.
