Lors de son discours sur l’état de l’Union, mardi 24 février, Donald Trump a affirmé que l’Iran développait des missiles capables d’atteindre le territoire américain. Téhéran a immédiatement rejeté ces accusations, dénonçant des « gros mensonges » et y voyant une manœuvre de politique intérieure américaine.
Trump alerte sur une menace iranienne
Dans son allocution, le président américain a déclaré que l’Iran « s’efforce de construire des missiles qui atteindront bientôt les États-Unis d’Amérique ». Par cette affirmation, il a placé la question balistique iranienne au cœur de ses priorités sécuritaires.
Toutefois, aucune preuve publique n’est venue étayer l’existence d’un programme iranien visant à développer des missiles intercontinentaux d’une portée d’environ 10 000 kilomètres. L’ampleur réelle des capacités balistiques iraniennes reste donc sujette à débat.
Téhéran rejette des « accusations infondées »
En réaction, le porte-parole de la diplomatie iranienne a dénoncé, sur le réseau social X, « la répétition de gros mensonges » par les autorités américaines. Selon Téhéran, Washington instrumentalise la question militaire iranienne pour justifier sa politique au Moyen-Orient.
Ainsi, la controverse s’inscrit dans un climat de défiance durable entre les deux pays, marqué par des tensions diplomatiques et sécuritaires récurrentes.
Un discours à forte portée intérieure
Pour plusieurs analystes, le message de Donald Trump visait avant tout le public américain. « À partir du moment où vous faites un State of the Union, c’est un discours de politique interne », souligne Kevan Gafaïti, enseignant à Sciences Po et président de l’Institut des relations internationales et de géopolitique.
Selon lui, le président américain cherche à convaincre l’opinion et à rallier les élus à sa stratégie au Moyen-Orient, en mettant en avant une menace directe contre le territoire national.
Mobilisation des responsables politiques
En amont du discours, le secrétaire d’État Marco Rubio a organisé un briefing classifié avec le « gang des huit », réunissant les principaux responsables démocrates et républicains des commissions du renseignement du Congrès. Une démarche similaire avait précédé d’autres dossiers sensibles, notamment concernant le Venezuela.
À l’issue de la réunion, le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a rappelé la nécessité pour l’administration de présenter des arguments solides à la population.
