Le Bénin et le Nigeria s’engagent à formaliser une coopération sécuritaire bilatérale pour combattre les groupes terroristes actifs le long de leurs frontières communes. Réunis le 27 février à Cotonou, les responsables militaires chargés de la lutte antiterroriste des deux pays ont posé les bases d’une stratégie conjointe. Sollicitée pour accompagner cette dynamique, la France a pris part aux échanges. Objectif : renforcer l’efficacité de la riposte face à une menace persistante.
Une réponse à la recrudescence des attaques
Les autorités béninoises réclamaient depuis plusieurs années une coordination plus étroite avec leurs voisins. Aujourd’hui, l’urgence sécuritaire accélère le processus. Au nord-est du Bénin, à la frontière avec le nord-ouest du Nigeria, les groupes armés terroristes multiplient les incursions et les attaques de part et d’autre de la ligne frontalière.
Face à cette situation, les deux États ont décidé de structurer une stratégie transfrontalière concertée afin de contenir l’expansion de ces groupes et de sécuriser durablement les zones frontalières.
Patrouilles coordonnées et partage de renseignements
Selon plusieurs sources, le futur protocole d’accord devrait prévoir la coordination des patrouilles, le partage systématique de renseignements, l’organisation d’opérations conjointes et un contrôle renforcé des flux transfrontaliers.
Certains experts plaident également pour l’instauration d’un droit de poursuite. Ce mécanisme permettrait aux forces de sécurité de traquer les assaillants au-delà de la frontière lorsqu’ils se replient sur le territoire voisin après une attaque.
Quel rôle pour la France ?
La nature exacte de l’appui attendu de la France reste à préciser. Toutefois, des observateurs estiment que Cotonou et Abuja pourraient solliciter un soutien accru en matière de renseignement et d’appui technique.
Une nouvelle réunion est d’ores et déjà prévue avant la fin du mois afin de finaliser le projet de protocole.
La délégation nigériane était conduite par le général-major Adamu Laka, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme. Côté béninois, le général Abu Issa, chef d’état-major de l’armée de terre, a mené les discussions, entouré de plusieurs hauts gradés, dont le commandant du théâtre des opérations Mirador.
