Depuis neuf jours, la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël sert de laboratoire grandeur nature pour tester de nouveaux systèmes d’armes. Missiles balistiques, drones kamikazes et frappes de précision sont désormais utilisés en conditions réelles, tandis que les grandes entreprises de défense américaines et israéliennes profitent de cette vitrine technologique pour renforcer leur position sur les marchés.
De nouveaux systèmes d’armes testés au combat
Tout d’abord, comme lors de la guerre en Ukraine, les armées engagées au Moyen-Orient utilisent le conflit comme un terrain d’expérimentation militaire. Plusieurs armements récents ou encore peu connus font ainsi leur première apparition en situation réelle, ce qui attire l’attention des analystes militaires et des marchés financiers.
Par exemple, les forces israéliennes ont utilisé le missile balistique Blue Sparrow lors d’une frappe qui aurait tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei, le 28 février 2026, selon des informations relayées par la presse internationale.
Long de 6,5 mètres et pesant près de 1,9 tonne, ce missile est lancé depuis des avions de combat F-15 Eagle de l’armée israélienne. Après son tir, il s’élève jusqu’à près de 100 kilomètres d’altitude avant de plonger vers sa cible à très grande vitesse.
Par ailleurs, l’entreprise israélienne Rafael Advanced Defense Systems a développé ce missile dans le cadre d’une famille comprenant également Black Sparrow et Silver Sparrow, initialement conçus pour servir de cibles lors des tests de systèmes antimissiles.
Un drone américain inspiré d’une technologie iranienne
Ensuite, les forces américaines ont introduit dans le conflit le drone kamikaze Lucas, fabriqué par la société SpektreWorks. Doté d’une portée d’environ 800 kilomètres et conçu à bas coût, cet appareil en forme d’aile volante ressemble fortement au drone iranien Shahed‑136.
Selon l’amiral Brad Cooper, commandant du United States Central Command (Centcom), ce système se révèle même « indispensable » dans les opérations actuelles.
Il a d’ailleurs reconnu que les ingénieurs américains ont récupéré un modèle iranien, l’ont analysé en détail, puis l’ont adapté avant de le produire aux États-Unis pour l’utiliser dans le conflit.
Le missile PrSM entre en scène
Par ailleurs, la guerre marque aussi la première utilisation opérationnelle du Precision Strike Missile (PrSM), un missile tactique américain destiné à remplacer l’ATACMS.
Les forces américaines tirent ce missile depuis les lanceurs M142 HIMARS. Contrairement à son prédécesseur, dont la portée atteint environ 300 kilomètres, le PrSM peut frapper des cibles situées à plus de 400 kilomètres.
L’United States Army considère d’ailleurs cette arme comme un véritable « saut quantique » dans les capacités de frappe de précision à longue distance.
Le géant de l’armement Lockheed Martin fabrique ce missile et a obtenu en mars 2025 un contrat estimé à 4,9 milliards d’euros pour sa production.
Les marchés financiers réagissent immédiatement
Dans le même temps, les marchés financiers réagissent rapidement à l’intensification du conflit. À la Bourse de New York, l’action de Lockheed Martin premier groupe mondial d’armement par le chiffre d’affaires a progressé d’environ 3 % en fin de semaine, après avoir déjà bondi de plus de 4 % en début de semaine.
En effet, les chasseurs F‑35 Lightning II, les systèmes radar et les munitions produits par l’entreprise jouent un rôle central dans les opérations militaires en cours.
De la même manière, l’entreprise Northrop Grumman, spécialisée dans l’aéronautique, la défense et la cybersécurité, a vu son action grimper d’environ 6 % au début de la semaine.
Des carnets de commandes déjà remplis
Enfin, cette dynamique profite également aux industriels israéliens. Plusieurs entreprises du secteur de la défense enregistrent déjà une hausse significative de leurs commandes.
C’est notamment le cas des groupes publics Israel Aerospace Industries et Rafael Advanced Defense Systems, mais aussi de l’entreprise privée Elbit Systems.
Parmi leurs principaux clients figurent l’Union européenne et l’Inde, deux marchés stratégiques pour l’industrie israélienne de défense.
Ainsi, au-delà de ses implications militaires et géopolitiques, la guerre au Moyen-Orient agit également comme un puissant accélérateur pour l’industrie mondiale de l’armement, qui profite de ce conflit pour tester ses technologies et consolider ses positions sur les marchés internationaux.
