Au dix-neuvième jour de la guerre au Moyen-Orient, Israël poursuit ses frappes contre le sud du Liban et Beyrouth, bastions du Hezbollah, et affirme avoir tué le ministre du Renseignement iranien, Esmaïl Khatib. Cette annonce intervient un jour après la confirmation par Téhéran de la mort du chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, qui avait promis de « venger » cette perte.
Frappes israélo-américaines et tensions dans la région
Mercredi 18 mars, Israël a intensifié ses opérations en ordonnant l’évacuation de nouvelles zones dans le sud du Liban pour limiter la présence du Hezbollah. Selon notre correspondant à Téhéran, les frappes israéliennes et américaines visent désormais aussi des zones civiles en Iran, dont la capitale.
Parallèlement, des frappes conjointes ont touché une importante installation gazière iranienne dans le Golfe, provoquant un incendie dans la province méridionale de Bushehr. L’armée israélienne a également annoncé son intention de frapper les ponts sur le fleuve Litani, afin de couper les voies de renfort et d’acheminement d’armes vers le Hezbollah.
Bilan humain et déplacements au Liban
Depuis le 2 mars, plus d’un million de personnes se sont enregistrées comme déplacées dans le sud du Liban. Les frappes israéliennes ont déjà fait 912 morts, dont 111 enfants et 38 personnels de santé, selon le ministère libanais de la Santé.
Mercredi, des frappes ont touché Beyrouth et Saïda, faisant au moins 14 victimes supplémentaires et plusieurs dizaines de blessés. Une attaque sur le quartier Zoqaq al-Blat à Beyrouth a provoqué des panaches de fumée visibles dans toute la ville, marquant la deuxième frappe dans ce secteur en moins de 24 heures.
Réactions internationales
Le président français, Emmanuel Macron, a indiqué que la France ne participerait pas à des opérations visant à « libérer le détroit d’Ormuz » pour le moment, mais reste prête à collaborer avec d’autres nations lorsque la situation se stabilisera.
Aux États-Unis, des frappes de représailles se poursuivent, tandis que le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, a insisté sur la nécessité pour l’Europe et le G7 de « garder des munitions » dans leurs réserves stratégiques de pétrole face à une guerre qui pourrait durer.
Iran et tensions internes
Le ministère iranien du Renseignement a annoncé avoir démantelé 111 cellules monarchistes et arrêté 21 collaborateurs présumés de la chaîne Iran International. Quatre espions présumés liés aux États-Unis ont également été interpellés dans l’ouest du pays.
Par ailleurs, l’Iran a exécuté un citoyen suédois, Kourosh Keyvani, accusé d’espionnage pour Israël, provoquant une réaction immédiate de la diplomatie suédoise.
Déplacements et sécurité des équipes sportives
Dans le contexte de cette guerre, l’équipe féminine de football d’Iran, dont plusieurs membres avaient demandé l’asile en Australie, a traversé la frontière turco-iranienne pour regagner l’Iran.
Déploiements militaires régionaux
La Turquie a annoncé le déploiement d’une nouvelle batterie de missiles Patriot sur sa base d’Incirlik, afin de renforcer sa défense aérienne après plusieurs tirs de missiles iraniens. L’Arabie saoudite a également intercepté deux drones ciblant le quartier diplomatique de Riyad.
Analyse militaire
Selon Clément Therme, spécialiste de l’Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale joue un rôle central dans le lien entre les différentes forces et services de renseignement iraniens. Malgré les frappes israélo-américaines, l’Iran a montré sa capacité à remplacer rapidement ses responsables ciblés.
Témoignages et réactions
L’essayiste américain Eddy L. Harris a dénoncé cette guerre comme « stupide » et a critiqué la politique de Donald Trump. Selon lui, l’intervention militaire américaine au Moyen-Orient contribue à un cycle de violence difficile à justifier.
La situation reste extrêmement volatile, avec des frappes continues en Iran, au Liban et dans la région du Golfe. La communauté internationale suit de près l’évolution des événements et la sécurité des civils reste fortement menacée.
