La Cour d’appel de Paris a annulé, ce mercredi, le non-lieu accordé en 2025 à Agathe Habyarimana, veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana.

La juridiction a ordonné la poursuite de l’instruction ouverte en France pour « complicité de génocide » et « crimes contre l’humanité ».

Une procédure relancée après les recours des parties civiles

Ainsi, la chambre de l’instruction relance une affaire judiciaire ouverte depuis 2008 contre l’ancienne première dame rwandaise.

Cette décision fait suite aux recours déposés par les parties civiles et le Parquet national antiterroriste (Pnat) contre l’ordonnance de non-lieu rendue en août 2025. À l’époque, les juges d’instruction avaient estimé qu’il n’existait pas de charges suffisantes contre Agathe Habyarimana.

Des accusations liées au génocide de 1994

Selon les parties civiles, l’ancienne première dame appartenait à l’« Akazu », cercle rapproché du pouvoir hutu radical avant le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.

Elle est soupçonnée d’avoir participé à la préparation des massacres visant les Tutsis et les Hutus modérés après l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de Juvénal Habyarimana, événement considéré comme le déclencheur du génocide.

D’après les estimations de l’Organisation des Nations unies, ce génocide a fait plus de 800 000 morts.

Des témoignages au cœur du dossier

Par ailleurs, les parties civiles reprochent aux juges d’instruction d’avoir écarté plusieurs témoignages et éléments historiques jugés essentiels.

L’avocat de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Emmanuel Daoud, affirme que plusieurs témoins mettent en cause Agathe Habyarimana lors de réunions de préparation d’actes génocidaires, notamment autour de listes présumées de personnalités à éliminer.

Les parties civiles souhaitent désormais de nouvelles auditions ainsi que d’éventuelles investigations complémentaires au Rwanda.

Une défense qui conteste les accusations

Actuellement, Agathe Habyarimana bénéficie du statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de témoin simple et de mise en examen.

Son avocat, Philippe Meilhac, a dénoncé une décision « incompréhensible », rappelant que plusieurs juges d’instruction s’étaient auparavant prononcés en faveur du non-lieu.

Installée en France depuis 1998, l’ancienne première dame fait régulièrement l’objet de demandes d’extradition vers le Rwanda, jusque-là refusées par la justice française.

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