Face à une pénurie persistante de carburant, Organisation des Nations unies s’apprête à franchir une étape inédite à Cuba : importer elle-même du combustible afin d’assurer la distribution de l’aide humanitaire sur l’île.
Depuis plusieurs mois, la situation énergétique du pays s’est fortement dégradée, sous l’effet notamment de l’embargo américain, renforcé en janvier par de nouvelles restrictions visant les approvisionnements pétroliers. Malgré l’arrivée, le 31 mars, d’un pétrolier russe, les difficultés restent entières. Une partie importante de l’aide internationale demeure ainsi immobilisée, en particulier dans le sud-est du pays.
Selon Étienne Labande, près de 200 conteneurs sont actuellement bloqués dans les ports. Ils contiennent du matériel essentiel : kits de cuisine, panneaux solaires, équipements de traitement de l’eau fournis par l’Unicef, ainsi que des denrées alimentaires destinées aux populations les plus vulnérables.
Dans un contexte où environ 20 % des Cubains dépendent de l’aide humanitaire, l’ONU mobilise désormais 7,5 millions de dollars pour financer l’importation de carburant, couvrant les besoins de l’ensemble des acteurs humanitaires présents dans le pays jusqu’à la fin de l’année.
Une fois les fonds réunis, il faudra toutefois attendre au moins six semaines pour que le carburant soit disponible sur place. En attendant, l’organisation explore des solutions alternatives, notamment en sollicitant des transporteurs privés pour acheminer une partie des secours.
