Le conflit entre l’armée et les paramilitaires continue de ravager le pays

Khartoum – Le Soudan marque ce 15 avril 2026 le troisième anniversaire d’une guerre qui oppose l’armée régulière du général Abdel Fattah al-Burhan aux Forces de soutien rapide du général Mohamed Hamdan Dagalo.

Selon l’Organisation des Nations unies, ce conflit constitue aujourd’hui la pire crise humanitaire au monde, avec près de 14 millions de déplacés et des dizaines de milliers de morts.

Khartoum, une capitale dévastée

D’emblée, la capitale Khartoum porte les stigmates de trois années de combats.

L’armée a repris le contrôle de la ville, mais les destructions sont massives : bâtiments éventrés, routes défoncées, infrastructures anéanties.

Le palais présidentiel et le quartier général de l’armée, symboles du pouvoir, ont été lourdement endommagés. Par ailleurs, près de 90 % des hôpitaux restent hors service, tandis que l’électricité demeure instable malgré une reprise progressive.

Des millions de déplacés dans une situation critique

Ensuite, la crise humanitaire atteint un niveau alarmant.

Si environ 1,5 million de personnes sont revenues à Khartoum après l’accalmie des combats, plus de 11,5 millions de déplacés internes survivent encore dans des conditions précaires.

Les plus vulnérables vivent dans des camps où manquent eau, nourriture et soins. Dans ce contexte, les autorités encouragent, parfois sous pression, le retour des populations vers des zones encore fragiles.

La menace persistante des mines et explosifs

Cependant, même dans les zones reprises, la guerre continue de faire des victimes.

Les mines et engins explosifs abandonnés représentent un danger quotidien. Les équipes de déminage recensent plusieurs zones contaminées à Khartoum et dans ses environs.

Selon les autorités, plus de 60 000 explosifs ont déjà été neutralisés, mais les accidents restent fréquents, causant morts et mutilations.

Des traumatismes humains profonds

Par ailleurs, les violences subies par les populations civiles laissent des séquelles durables.

De nombreux témoignages évoquent des exactions graves, notamment des violences sexuelles et des abus commis dans les zones de conflit. Des centres d’accueil tentent aujourd’hui d’accompagner les survivantes, souvent en détresse psychologique.

Ces récits illustrent l’ampleur des traumatismes vécus par les civils, au-delà des pertes matérielles.

Une crise humanitaire et mémorielle

Enfin, la gestion des victimes reste un défi majeur.

À Khartoum, des fosses communes ont été découvertes et des milliers de corps attendent encore d’être identifiés. Les services médico-légaux, débordés, manquent de moyens pour assurer des sépultures dignes.

Un conflit toujours sans issue

En conclusion, malgré la reprise partielle de la capitale par l’armée, la guerre au Soudan reste loin d’être terminée.

Entre déplacements massifs, insécurité persistante et traumatismes profonds, le pays demeure plongé dans une crise multidimensionnelle dont l’issue reste incertaine.

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