Malgré les initiatives du gouvernement, la consommation du riz local tarde à décoller dans les régions de Kolda, Sédhiou et Ziguinchor. Entre prix jugés élevés, circuits de distribution faibles et habitudes alimentaires persistantes, la transition vers le riz sénégalais reste difficile.
Une disponibilité limitée dans les zones productrices
Dans plusieurs localités du sud du Sénégal, le riz local demeure difficile à trouver.
Selon des consommateurs et commerçants interrogés par l’Agence de Presse Sénégalaise :
- les circuits de commercialisation sont insuffisants
- le riz local est parfois introuvable
- certains ménages jugent son prix élevé
Dans ces conditions, la consommation reste limitée.
Toutefois, certains consommateurs privilégient le riz local par patriotisme économique.
Des mesures gouvernementales encore peu visibles
Le 1er avril, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a annoncé plusieurs mesures.
Parmi celles-ci :
- une subvention de 50 francs CFA par kilogramme
- l’arrêt des importations de riz non parfumé
- la promotion du riz local
Selon le ministre, ces décisions visent à renforcer la souveraineté alimentaire.
Priorité au riz local dans les achats publics
Quelques semaines auparavant, le Premier ministre Ousmane Sonko avait pris une lettre circulaire.
Cette directive recommande :
- l’utilisation du riz local dans les écoles
- l’approvisionnement des hôpitaux
- l’achat pour les camps militaires
- la consommation dans les structures publiques
Cette décision intervient dans un contexte de production record.
Une production importante mais peu consommée
Selon la Direction régionale du développement rural de Kolda, la région de Kolda a produit 255 582 tonnes de riz.
Les régions de Sédhiou et Ziguinchor disposent également de fortes potentialités agricoles.
Malgré cette production, la consommation du riz local reste faible.
Les habitudes alimentaires en cause
Selon Baba Sonko, plusieurs facteurs expliquent cette situation :
- habitudes alimentaires anciennes
- prix jugé élevé du riz local
- disponibilité du riz importé
- facilité de cuisson du riz importé
Le riz local est souvent consommé uniquement par les producteurs eux-mêmes.
Des circuits d’approvisionnement à renforcer
Dans les marchés hebdomadaires, les stocks de riz local restent insuffisants.
À l’inverse, le riz importé bénéficie :
- d’une logistique structurée
- d’une forte présence commerciale
- d’un réseau de distribution efficace
Face à cette réalité, les acteurs de la filière appellent à renforcer la commercialisation du riz local pour atteindre les objectifs de souveraineté alimentaire du Sénégal.
