Le cessez-le-feu conclu au Liban le 16 avril et renouvelé le 23 pour trois semaines sous l’impulsion de Donald Trump se trouve déjà sérieusement compromis. Dès les premiers jours, Hezbollah et Israël s’accusent mutuellement de violations, tandis que les violences se poursuivent sur le terrain.

Selon le ministère libanais de la Santé, des bombardements israéliens menés dimanche 26 avril dans le sud du pays ont fait 14 morts. Parallèlement, une attaque revendiquée par le Hezbollah dans la « zone jaune », établie par Israël en territoire libanais, a coûté la vie à un soldat israélien et grièvement blessé quatre autres.

Dès son entrée en vigueur, la trêve apparaît fragile et limitée. En effet, les affrontements ne cessent jamais réellement dans le sud du Liban. L’armée israélienne se réserve le droit de frapper le Hezbollah pour prévenir des attaques « planifiées, imminentes ou en cours ». De son côté, le mouvement chiite adopte la même position, ce qui maintient un climat de confrontation quasi permanent. Seule évolution notable : les frappes israéliennes épargnent désormais Beyrouth, sa banlieue sud et la plaine de la Bekaa, conformément aux exigences américaines. En revanche, le front du Sud reste actif, d’autant que le Hezbollah rejette la légitimité de la « zone jaune ».

Une escalade des violences

La situation se dégrade nettement au cours du week-end, avec une intensification des raids aériens et des tirs d’artillerie israéliens. Des dizaines de localités sont pilonnées, au sud comme au nord du fleuve Litani. Le bilan humain s’alourdit, dépassant les 2 500 morts et 7 750 blessés.

En réponse, le Hezbollah multiplie les attaques, notamment à l’aide de roquettes et de drones kamikazes, visant les positions de l’armée israélienne, qui occupe environ 600 km² du territoire libanais.

Un nouvel exode de populations

Cette montée des violences provoque de nouveaux déplacements massifs. Dimanche, l’armée israélienne ordonne l’évacuation de sept villages du district de Nabatiyé, au nord du Litani, déclenchant un mouvement de panique. Déjà, ces localités abritaient des milliers de déplacés venus du sud.

Face à cette situation, les habitants fuient en masse vers le nord, provoquant d’importants embouteillages sur les axes routiers. Ces scènes rappellent des épisodes récents du conflit.

Aujourd’hui, plus d’un cinquième de la population libanaise, soit plus de 1,2 million de personnes, se retrouve déplacé à l’intérieur du pays.

Des destructions massives dans le Sud

En parallèle, l’armée israélienne poursuit la destruction de bâtiments publics et résidentiels dans les zones qu’elle contrôle. Selon des experts libanais, ces démolitions atteignent un niveau tel qu’elles s’apparentent à un « domicide » visant à empêcher tout retour des populations.

D’après les autorités libanaises, 15 localités situées dans la « zone jaune » ont été entièrement rasées, tandis que 22 autres subissent d’importants dégâts et restent exposées à des opérations de démolition en cours.

Cette « zone jaune », présentée par Israël comme une ligne de défense avancée, englobe une soixantaine de villes et villages. L’armée israélienne y utilise explosifs et engins de chantier pour détruire infrastructures vitales, bâtiments publics, écoles, lieux de culte et habitations, aggravant encore la crise humanitaire dans le sud du Liban.

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