Donald Trump a annoncé vendredi que les forces américaines, en coordination avec l’armée nigériane, ont tué un chef présumé de l’État islamique lors d’une opération ciblée. Il s’agit, en effet, de la deuxième intervention américaine au Nigeria en cinq mois. La cible serait Abu-Bilal al-Minuki, présenté comme le numéro deux mondial de l’organisation. Par ailleurs, sur Truth Social, Donald Trump évoque une « mission méticuleusement planifiée et très complexe », menée avec les forces nigérianes.
Impact et réactions
Tout d’abord, le président américain affirme que le combattant ne pourra « plus terroriser les populations africaines ni planifier des attaques contre des citoyens américains », estimant ainsi un affaiblissement des capacités de l’organisation dans la région. De leur côté, les autorités nigérianes saluent la coopération avec Washington, évoquant notamment une frappe dans la zone du bassin du lac Tchad, un foyer d’activités jihadistes.
Profil et rôle du combattant
En outre, Abu-Bilal al-Minuki, aussi connu sous le nom d’Abu Bakr al-Mainuki, avait été sanctionné par les États-Unis en 2023 pour ses liens avec l’organisation. Originaire de l’État de Borno, il occupait un rôle stratégique au sein de la branche régionale de l’État islamique active dans la zone du lac Tchad. De plus, selon un rapport de l’ONU, il aurait été pressenti pour prendre la direction de l’organisation après la mort d’un responsable en 2025. À ce sujet, Donald Trump a déclaré : « Il pensait pouvoir se cacher en Afrique, mais nous disposions d’informations sur chacun de ses mouvements ».
Contexte sécuritaire et coopération régionale
Par ailleurs, le Nigeria fait face à des attaques armées et à des enlèvements de masse. Washington évoque également des persécutions contre les chrétiens, une accusation rejetée par Abuja et contestée par plusieurs experts. Dans le même temps, les États-Unis ont déjà mené des frappes dans l’État de Sokoto et renforcé leur coopération sécuritaire avec Abuja, notamment à travers le partage de renseignements, la livraison d’armes et la formation de forces nigérianes.
Extension de la menace au Sahel
Enfin, les groupes affiliés à l’État islamique restent actifs au Niger, au Burkina Faso et au Mali. Après la perte de leurs bastions en Irak et en Syrie, ils ont progressivement déplacé leurs activités vers l’Afrique. Toutefois, le leadership de l’organisation demeure incertain, avec Abdul Qadir Mumin, basé en Somalie, régulièrement ciblé par des frappes américaines.
