Le ministère des Transports assume sa stratégie de régularisation
Face à la hausse des accidents et des vols à l’arraché, le directeur de la Circulation routière et de la mobilité, Mandiaye Faye, a défendu le bilan de l’opération de régularisation des deux-roues. Malgré les critiques liées au coût des plaques et aux lenteurs administratives, il assure que l’État privilégie avant tout la sécurité publique et la structuration du secteur.
Une opération lancée pour réduire les accidents
Selon Mandiaye Faye, l’État a initié cette campagne après un constat alarmant. Les motos représentaient une grande partie des accidents de la circulation, avec des conséquences humaines souvent dramatiques.
Il explique que l’opération menée en janvier 2025 constituait une phase exceptionnelle de régularisation massive. Elle devait permettre aux conducteurs de se mettre en conformité avant l’application stricte des nouvelles règles.
En seulement six mois, les services du ministère ont immatriculé plus de 124 000 motos à travers le pays.
Deux nouveaux textes pour encadrer le secteur
Le ministère prépare désormais deux textes réglementaires majeurs.
Le premier vise à organiser le transport de passagers à moto, particulièrement dans la région de Dakar. Le second concerne le secteur de la livraison, devenu un important pourvoyeur d’emplois pour les jeunes.
Selon Mandiaye Faye, ces décrets permettront de structurer durablement ces activités et de mettre fin à l’anarchie observée sur le terrain.
Le coût des plaques au cœur des critiques
De nombreux conducteurs dénoncent le prix de 28 000 FCfa exigé pour la plaque et la carte grise. Toutefois, le directeur de la Circulation routière précise que cette somme ne correspond pas à une taxe fiscale.
Il affirme que l’État a déjà supprimé les impôts liés à l’immatriculation durant cette opération exceptionnelle. Les 28 000 FCfa couvrent uniquement les frais techniques de fabrication des plaques et des documents sécurisés.
Pour lui, cette mesure constitue déjà un effort social important destiné à faciliter la régularisation.
Des lenteurs liées à l’afflux massif des dossiers
Le responsable reconnaît que des retards ont affecté le traitement des dossiers. Cependant, il explique cette situation par l’ampleur exceptionnelle de l’opération.
Environ 155 000 dossiers ont été reçus sur l’ensemble du territoire. Les services administratifs ont dû effectuer plusieurs vérifications afin d’identifier les motos volées ou les châssis trafiqués.
Aujourd’hui, plus de 100 000 dossiers ont déjà été validés et les cartes grises délivrées.
Par ailleurs, près de 40 000 dossiers restent en attente de paiement. Les propriétaires concernés ont reçu des notifications par SMS afin de finaliser la procédure.
L’administration refuse de légaliser les motos frauduleuses
Mandiaye Faye rejette les accusations d’exclusion visant certains conducteurs dépourvus de documents d’achat.
Selon lui, l’administration ne peut pas immatriculer des motos issues de vols ou présentant des irrégularités.
En revanche, les usagers de bonne foi peuvent compléter leurs dossiers et régulariser leur situation douanière. Une fois les documents validés, l’immatriculation peut être finalisée en trois à quatre jours.
Une réforme présentée comme une mesure de sécurité
Le directeur de la Circulation routière insiste sur l’objectif principal de cette réforme : renforcer la sécurité.
Il rappelle que plusieurs vols à l’arraché impliquent des motos non immatriculées. Sans plaque, les forces de sécurité peinent souvent à identifier les auteurs.
Selon lui, l’identification systématique des deux-roues permettra de protéger les citoyens, mais aussi les conducteurs contre le vol de leurs motos.
Enfin, le ministère souhaite professionnaliser progressivement les secteurs de la livraison et du transport à moto afin de créer un cadre plus sécurisé et mieux organisé.
