Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko à la Primature. Après plus de deux années au pouvoir, l’ancien chef du gouvernement laisse derrière lui plusieurs réformes économiques, institutionnelles et souverainistes.
Une rupture politique au sommet de l’État
D’abord, le décret présidentiel mettant fin aux fonctions d’Ousmane Sonko marque un tournant politique majeur au Sénégal. Cette décision intervient dans un contexte de tensions au sommet de l’État entre les deux figures issues du Pastef. Ainsi, l’heure est désormais au bilan de son passage à la Primature entre avril 2024 et mai 2026.
La doctrine « Jub, Jubal, Jubanti » au cœur de la gouvernance
L’assainissement des finances publiques
Ensuite, Ousmane Sonko a rapidement imposé sa doctrine basée sur la transparence et la reddition des comptes. Le gouvernement a lancé un audit des finances publiques afin d’évaluer l’état réel de la dette et des déficits hérités de l’ancien régime. Par ailleurs, plusieurs mesures ont visé à réduire le train de vie de l’État. Les autorités ont notamment limité les cumuls de fonctions, encadré les recrutements publics et accéléré la digitalisation administrative. Dans le même temps, l’activation du Pool judiciaire financier a renforcé les enquêtes sur la gestion présumée des deniers publics.
Une orientation vers la souveraineté économique
La révision des accords stratégiques
Sous la coordination de Sonko, le gouvernement a également engagé plusieurs réformes économiques souverainistes. L’une des décisions les plus marquantes reste le non-renouvellement des accords de pêche avec l’Union européenne à la fin de l’année 2024. Le pouvoir a aussi lancé des réexamens de contrats miniers, pétroliers et gaziers afin d’augmenter les retombées économiques pour le Sénégal.
La Vision Sénégal 2050 comme feuille de route
Par ailleurs, Ousmane Sonko a participé au pilotage de la stratégie Vision Sénégal 2050. Ce programme vise à transformer l’économie nationale à travers l’industrialisation locale et une réduction de la dépendance extérieure.
L’agriculture érigée en priorité nationale
Des subventions renforcées
Le gouvernement a également misé sur la souveraineté alimentaire. Ainsi, les subventions agricoles ont atteint 120 milliards de FCFA dès 2024. Dans le même élan, le prix plancher de l’arachide a été relevé de 280 à 305 FCFA le kilogramme afin de soutenir les producteurs.
Modernisation et transformation locale
Ousmane Sonko a aussi plaidé pour une modernisation du secteur agricole. Lors de rendez-vous comme la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales, il a défendu la transformation locale des productions et une réforme agraire plus ambitieuse.
Le PRES et les recettes financières
Des milliards générés par le plan de redressement
Côté finances publiques, le Plan de redressement économique et social lancé en août 2025 a généré plusieurs recettes.Selon les chiffres avancés, le programme a produit 4,2 milliards de FCFA en 2025. Au mois d’avril 2026, les recettes cumulées du PRES atteignaient déjà 63,4 milliards de FCFA.
Sécurité et diplomatie renforcées
Une programmation militaire à long terme
Enfin, le gouvernement Sonko a engagé une nouvelle politique sécuritaire. Une loi de programmation militaire a été mise en place pour renforcer les capacités technologiques et opérationnelles des forces armées sénégalaises.
Une diplomatie tournée vers l’Afrique et les partenaires émergents
Sur le plan diplomatique, Ousmane Sonko a multiplié les déplacements internationaux. Il s’est notamment rendu en Chine, en Turquie, aux Émirats arabes unis, au Maroc ainsi que dans plusieurs pays africains. À travers cette stratégie, l’ancien Premier ministre cherchait à renforcer la coopération Sud-Sud et l’ancrage panafricain du Sénégal.
