« Faire du français une langue d’opportunités »
En visite à Dakar dans le cadre de sa campagne pour le poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș a présenté sa vision d’une Francophonie davantage tournée vers les résultats économiques et les attentes de la jeunesse.
Face aux défis de l’emploi, de la formation et de la mobilité, il plaide pour une organisation capable de transformer la langue française en un véritable levier d’opportunités.
« L’avenir de la Francophonie dépend de notre capacité à convaincre les jeunes que le français peut améliorer leur vie, favoriser l’emploi et encourager l’entrepreneuriat », a-t-il déclaré.
Le Sénégal, un acteur clé de l’espace francophone
Le candidat a choisi Dakar pour porter son message en Afrique de l’Ouest, une région qu’il considère comme stratégique pour l’avenir de la Francophonie.
Il a rappelé le rôle historique joué par le Sénégal à travers les figures de Léopold Sédar Senghor, cofondateur de la Francophonie moderne, et d’Abdou Diouf, ancien secrétaire général de l’OIF.
Selon lui, le continent africain représente aujourd’hui le principal moteur démographique et économique de l’espace francophone.
Une réforme de la gouvernance de l’OIF
S’il est élu, Dacian Cioloș promet de renforcer la gouvernance de l’organisation.
Il souhaite améliorer l’évaluation des projets, renforcer la transparence dans la gestion financière et orienter davantage les actions de l’OIF vers des résultats concrets.
Pour lui, cette réforme est indispensable dans un contexte où plusieurs États membres réduisent leurs contributions financières aux organisations internationales.
Relier formation, emploi et entrepreneuriat
Le candidat roumain estime que la Francophonie doit jouer un rôle plus actif dans l’insertion professionnelle des jeunes.
Il propose de développer des programmes associant l’apprentissage du français à des formations techniques, numériques et professionnelles susceptibles de faciliter l’accès à l’emploi.
Il souhaite également encourager les entreprises de l’espace francophone à investir davantage dans les pays membres afin de créer des emplois locaux et de soutenir l’entrepreneuriat des jeunes.
L’Afrique au cœur de son projet
Interrogé sur la légitimité d’un candidat européen à diriger une organisation dont le centre de gravité est de plus en plus africain, Dacian Cioloș a assuré qu’il ne se présentait pas comme le représentant d’une région.
Selon lui, l’Afrique doit rester au centre des priorités de l’OIF, tout en préservant la dimension internationale de l’organisation.
Il met en avant son expérience gouvernementale et sa volonté de développer un partenariat fondé sur le respect mutuel et la coopération entre les États francophones.
L’agriculture et la sécurité alimentaire parmi les priorités
L’ancien commissaire européen à l’Agriculture souhaite également faire de la sécurité alimentaire un axe important de coopération au sein de la Francophonie.
Il propose de favoriser le partage d’expériences entre les pays membres en matière de développement agricole, de formation rurale et d’organisation des filières de production.
Selon lui, plusieurs pays francophones pourraient tirer profit d’échanges de bonnes pratiques afin de renforcer leur souveraineté alimentaire et soutenir le développement des communautés rurales.
Défendre le français à l’ère du numérique
Face à la montée en puissance de l’anglais et des technologies numériques, Dacian Cioloș estime que la défense du français passe avant tout par son utilité concrète.
Il plaide pour une meilleure présence des contenus francophones sur les plateformes numériques et dans les outils d’intelligence artificielle.
Le candidat souhaite également promouvoir le multilinguisme et le multiculturalisme, considérant que le français ne doit pas remplacer les langues nationales mais plutôt servir de passerelle entre les différentes cultures.
« Le français doit être une langue qui ouvre des perspectives et connecte les peuples », a-t-il conclu.
