À l’approche de la Journée mondiale contre l’hépatite, prévue le 28 juillet, les autorités sanitaires sénégalaises tirent la sonnette d’alarme face à la forte prévalence de l’hépatite B. Selon le Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH), jusqu’à 10 % de la population pourrait vivre avec une forme chronique du virus, avec un risque accru de complications graves.
Une maladie très présente au Sénégal
Le Sénégal fait face à une importante circulation du virus de l’hépatite B (VHB). Selon le professeur Bamba Kane, coordonnateur du PNLH, entre 5,7 % et 10 % des Sénégalais vivent actuellement avec une infection chronique.
Par ailleurs, près de 85 % de la population présenterait des marqueurs d’une infection passée. L’hépatite C constitue également une préoccupation sanitaire. Sa forme chronique toucherait environ 2 % de la population.
Le virus de l’hépatite B représente ainsi une menace importante pour la santé publique. Il constitue notamment l’une des principales causes du cancer primitif du foie chez l’homme.
Une maladie souvent silencieuse
La dangerosité de l’hépatite repose notamment sur son caractère souvent asymptomatique. Dans de nombreux cas, la maladie évolue pendant plusieurs années sans provoquer de signes visibles.
Pourtant, l’inflammation du foie peut progressivement endommager l’organisme. Elle peut être liée à une infection virale, mais aussi à une consommation excessive d’alcool, à certains médicaments ou à l’exposition à des toxines.
Lorsque les premiers symptômes apparaissent, la maladie peut déjà avoir atteint un stade avancé. Une fatigue importante, des nausées, une perte d’appétit ou encore un ictère caractérisé par le jaunissement de la peau peuvent alors se manifester.
Les hépatites B et C, principales menaces chroniques
Toutes les formes d’hépatite ne présentent toutefois pas le même niveau de risque. Les hépatites A et E se transmettent principalement par l’eau ou les aliments contaminés. Dans la plupart des cas, elles guérissent spontanément.
En revanche, les hépatites B et C peuvent évoluer vers des formes chroniques. Elles peuvent entraîner de graves complications, notamment une cirrhose ou un cancer du foie en l’absence de prise en charge.
Le virus de l’hépatite B peut se transmettre de la mère à l’enfant, par voie sexuelle ou par contact avec du sang infecté. Quant à l’hépatite D, elle touche exclusivement les personnes déjà infectées par le virus de l’hépatite B et peut aggraver leur état de santé.
Le dépistage au cœur de la stratégie
Face à cette situation, le professeur Bamba Kane appelle à renforcer rapidement la sensibilisation et le plaidoyer autour des hépatites virales.
Pour les autorités sanitaires, la généralisation du dépistage constitue une priorité. Elle permet d’identifier les personnes infectées avant l’apparition de complications graves et de leur proposer une prise en charge adaptée.
À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, le PNLH entend ainsi renforcer le message de prévention. Le dépistage précoce reste l’un des moyens essentiels pour freiner la progression de la maladie et réduire son impact sur la population sénégalaise.

