La France franchit une nouvelle étape dans sa quête de souveraineté numérique. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) mettra fin à sa collaboration avec l’entreprise américaine Palantir pour la gestion et l’exploitation de ses données. À terme, cette mission sera confiée à la société française ChapsVision.

Paris mise sur une solution nationale

Après plus d’une décennie de collaboration avec le géant américain de l’analyse de données, la DGSI s’apprête à rapatrier ses données en France. L’annonce a été faite mardi 16 juin 2026 par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Dans le cadre de cette réorientation stratégique, les services de renseignement français confieront désormais l’exploitation de leurs données à l’entreprise française ChapsVision. « À l’expiration du contrat, dans trois ans, la DGSI mettra fin à sa collaboration avec Palantir et ne reconduira pas l’accord. »

La France avait choisi de travailler avec Palantir à la suite des attentats de 2015, alors que peu d’alternatives européennes étaient capables de répondre aux besoins des services de renseignement en matière d’analyse massive de données.

La souveraineté numérique au cœur de la décision

Au fil des années, la présence de Palantir dans des secteurs sensibles a toutefois suscité des interrogations au sein des autorités françaises. L’entreprise américaine collabore notamment avec plusieurs agences gouvernementales américaines, dont le FBI, ainsi qu’avec l’armée israélienne.

Pour Paris, cette situation soulève des enjeux de souveraineté et d’indépendance technologique.

« Nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique », a justifié Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de ne pas dépendre « du bon vouloir de certains partenaires » susceptibles de restreindre l’accès à des technologies essentielles, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.

ChapsVision, le nouveau partenaire de la DGSI

Le choix de ChapsVision s’inscrit dans cette volonté de renforcer les capacités technologiques nationales. La société française possède déjà une expérience dans le secteur du renseignement et travaille notamment avec les services de sécurité allemands.

Grâce à ce contrat stratégique, l’entreprise espère consolider sa position sur le marché européen et concurrencer davantage Palantir auprès des États membres de l’Union européenne.

Une concurrence qui s’étend au secteur privé

Si la DGSI s’apprête à se séparer de Palantir, l’entreprise américaine conserve néanmoins une forte présence dans le secteur privé européen. Elle continue notamment de fournir ses services à plusieurs grands groupes industriels et financiers tels que Airbus, Stellantis et Société Générale.

Avec cette décision, la France envoie un signal fort en faveur de son autonomie stratégique dans le domaine du numérique et du renseignement, à un moment où les questions de contrôle des données et d’indépendance technologique occupent une place croissante dans les politiques de sécurité nationale.

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