À l’occasion de la cinquième édition de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments (JISSA), organisée mardi à Dakar, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a alerté sur la progression des maladies non transmissibles liées aux habitudes alimentaires. Face à cette situation préoccupante, il a annoncé le déploiement de nouvelles stratégies de prévention, de communication et de sensibilisation destinées à promouvoir une alimentation plus sûre.

Le Sénégal renforce sa lutte contre les risques alimentaires

Le Comité national du Codex (CNC) a organisé, mardi 23 juin 2026, la cinquième édition de la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments (JISSA) à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Placée sous le thème « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », la rencontre a réuni plusieurs acteurs du secteur, notamment le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, le président du CNC, le professeur Amadou Diop, ainsi que le représentant de la FAO, Henry Boudha.

Le ministre annonce des stratégies pour changer les comportements alimentaires

Prenant la parole, le Dr Ibrahima Sy a tiré la sonnette d’alarme sur la recrudescence des maladies non transmissibles telles que l’hypertension artérielle, le diabète et l’obésité. Selon lui, ces pathologies sont étroitement liées aux habitudes alimentaires et représentent un lourd fardeau sanitaire et économique pour les ménages comme pour l’État.

Dans cette perspective, le ministre a annoncé l’élaboration de nouvelles stratégies de communication et de sensibilisation. L’objectif est d’inciter les populations à adopter de meilleurs comportements alimentaires et à mieux prévenir les risques liés à la consommation de produits non conformes aux normes de sécurité sanitaire.

Des chiffres mondiaux alarmants

Pour appuyer ce constat, le professeur Amadou Diop a présenté les dernières données publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 7 juin 2026. Ces statistiques révèlent que près de 866 millions de personnes tombent malades chaque année à la suite de la consommation d’aliments contaminés.

Par ailleurs, environ 1,5 million de décès sont enregistrés annuellement à l’échelle mondiale, tandis que ces maladies entraînent la perte de 57 millions d’années de vie en bonne santé.

Au Sénégal, les études réalisées avec l’appui de la FAO mettent également en évidence des risques chimiques et microbiologiques préoccupants, particulièrement dans le secteur de la restauration de rue.

La FAO poursuit son programme sous-régional

À l’échelle du continent africain, l’OMS estime que 91 millions de personnes sont affectées chaque année par des aliments impropres à la consommation. Ces contaminations provoquent environ 137 000 décès.

Face à l’ampleur du phénomène, la FAO a décidé de prolonger jusqu’en septembre 2026 son programme sous-régional financé par le Luxembourg. Déjà exécuté à hauteur de 86 %, ce projet vise à renforcer la sécurité sanitaire des aliments vendus dans la rue au Sénégal, au Mali et au Burkina Faso.

À travers cette initiative, les autorités et leurs partenaires entendent réduire les risques sanitaires liés à l’alimentation et garantir aux populations un accès accru à des aliments sûrs et de qualité.

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