Le décès d’Abderrahim Fakir, un homme de 42 ans, survenu lors d’une intervention policière à Bologne, suscite une vive émotion en Italie. Les images de son interpellation, largement relayées sur les réseaux sociaux, ravivent le débat sur les méthodes employées par les forces de l’ordre et rappellent, pour de nombreux observateurs, le drame de George Floyd aux États-Unis. Une enquête judiciaire est en cours.
Le parquet de Bologne a ouvert une enquête après la mort d’Abderrahim Fakir, un homme de 42 ans décédé dimanche 19 juillet lors d’une intervention de police dans un quartier populaire de la ville.
D’origine marocaine, la victime vivait en Italie depuis l’âge de sept ans et dirigeait une petite entreprise de transport. D’après les premiers éléments de l’enquête, les forces de l’ordre sont intervenues après avoir reçu un signalement faisant état d’un homme en état de forte agitation. Les policiers ont utilisé un spray au poivre avant de procéder à son interpellation.
Les autorités précisent que l’homme n’était pas armé et qu’elles ne le soupçonnaient d’aucune agression au moment de son interpellation. Elles rappellent également qu’un tribunal l’avait condamné pour trafic de drogue au début des années 2000, mais les enquêteurs affirment qu’ils n’ont établi aucun lien entre ces antécédents judiciaires et les circonstances de son interpellation.
Des images qui choquent l’opinion
Les vidéos diffusées depuis dimanche montrent Abderrahim Fakir immobilisé au sol, face contre terre, les mains menottées dans le dos, tandis que deux policiers exercent une pression sur son corps. Ils s’apprêtaient également à lui attacher les chevilles.
Au cours de son immobilisation, l’homme crie à plusieurs reprises : « Aidez-moi, au secours, ça suffit ! » Les images ne montrent aucun changement dans l’intervention malgré ses appels. Quelques minutes plus tard, il perd connaissance avant de décéder.
La diffusion de ces séquences a immédiatement ravivé le souvenir de la mort de George Floyd, décédé en 2020 aux États-Unis lors d’une intervention policière devenue le symbole des violences policières.
Une enquête pour établir les responsabilités
Lundi soir, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans le centre de Bologne afin de réclamer toute la vérité sur les circonstances du drame. Les proches de la victime et de nombreux habitants dénoncent un recours disproportionné à la force.
Certains témoignages évoquent également l’état de santé d’Abderrahim Fakir, qui souffrait d’asthme, et s’interrogent sur l’utilisation d’un spray au poivre au cours de l’interpellation.
Le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour homicide involontaire. Les deux policiers intervenus sur les lieux ainsi que quatre membres du personnel médical ayant participé à la prise en charge ont été inscrits au registre des personnes concernées par la procédure.
Les investigations devront désormais déterminer les causes exactes du décès et établir si les conditions de l’interpellation ou les gestes pratiqués ont contribué à la mort d’Abderrahim Fakir.
