Le Sénégal soutiendra officiellement la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le ministère des Affaires étrangères a annoncé cette décision lundi 20 juillet, trois jours après l’audience accordée à l’ancien chef de l’État par le président Bassirou Diomaye Faye au palais présidentiel.
Le chef de l’État a demandé au gouvernement ainsi qu’à l’ensemble du réseau diplomatique sénégalais de promouvoir cette candidature auprès des États membres de l’ONU. Il a également appelé les différentes composantes de la Nation à soutenir ce qui est désormais présenté comme la candidature officielle du Sénégal.
Un revirement de position
Cette annonce marque un changement de cap du président Bassirou Diomaye Faye. En mars dernier, une vingtaine de pays africains, dont le Sénégal, s’étaient opposés à la candidature de Macky Sall, alors portée par le Burundi. À l’époque, le président sénégalais avait exprimé des réserves et s’était abstenu de lui apporter son soutien officiel.
En validant désormais cette candidature, le chef de l’État permet à Macky Sall de défendre son dossier avec l’appui officiel de son pays, un atout important face aux autres personnalités en lice pour diriger les Nations unies.
Un soutien qui renforce la candidature de Macky Sall
Grâce à cet appui, l’ancien président sénégalais dispose désormais d’un argument supplémentaire dans la course au secrétariat général de l’ONU. Jusqu’à présent, l’absence de soutien officiel de son propre pays constituait un handicap face aux autres candidats en compétition.
Ce soutien diplomatique pourrait ainsi renforcer la crédibilité de sa candidature sur la scène internationale.
Des interprétations politiques
La décision de Bassirou Diomaye Faye alimente également les analyses sur le plan politique. Pour certains observateurs, ce soutien pourrait traduire un rapprochement avec l’Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall.
Selon le politologue Moussa Diaw, le président chercherait à consolider sa base politique à l’approche des prochaines échéances électorales, notamment les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029.
Toujours selon cette analyse, un rapprochement avec l’APR pourrait offrir au chef de l’État un relais politique important alors que les relations entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko, ainsi que le parti Pastef, se sont fortement dégradées.
D’autres analystes, à l’image de Babacar Ndiaye, du think tank Wathi, estiment également qu’une éventuelle élection de Macky Sall à la tête de l’ONU l’éloignerait durablement de la scène politique sénégalaise. Toutefois, certains n’excluent pas un retour plus actif de l’ancien président dans le débat politique national.
La société civile exprime son opposition
Cette décision ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs organisations de la société civile et des collectifs de victimes des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 dénoncent le soutien accordé à Macky Sall.
Le collectif des familles de victimes estime que cette décision revient à cautionner le bilan de l’ancien régime. Son responsable, Boubacar Seye, juge ce revirement « incompréhensible » et considère que l’ancien président ne devrait pas prétendre à la direction des Nations unies.
Il accuse également Macky Sall de préparer un retour sur la scène politique sénégalaise et appelle les autorités à reconsidérer leur position.
