Le débat sur la dette publique se poursuit au Sénégal. Alors qu’Ousmane Sonko rejette toute restructuration et réclame davantage de transparence, le ministre Aldiouma Sow lui demande de rendre d’abord compte de sa gestion à la Primature. Il l’interpelle notamment sur l’utilisation des fonds destinés à la paix en Casamance.
Aldiouma Sow conteste la légitimité d’Ousmane Sonko
La polémique autour de la dette publique continue d’alimenter le débat politique. L’ancien Premier ministre Ousmane Sonko s’est récemment prononcé contre toute idée de restructuration. Il appelle également à davantage de transparence dans la gestion de la dette.
Une position que le ministre Aldiouma Sow conteste vivement. Selon lui, l’ancien chef du gouvernement doit d’abord répondre aux interrogations liées à sa propre gestion avant de se prononcer sur la conduite des affaires de l’État.
« Pour moi, l’ancien Premier ministre est disqualifié pour soutenir une quelconque thèse dans l’opinion publique nationale », a déclaré Aldiouma Sow lors d’une finale opposant l’ASC Teranga à l’Escale de Somone.
Les fonds de la paix en Casamance au cœur des critiques
Le ministre concentre notamment ses critiques sur la gestion des fonds destinés à la paix en Casamance.
À ce titre, il interpelle directement les organes de contrôle de l’État. Il appelle notamment ceux qui disposent d’une autonomie d’action à enquêter sur l’utilisation de ces ressources.
« Il est de la responsabilité des organes de contrôle, surtout ceux qui n’ont pas besoin d’ordre de service pour faire le travail, d’aller à la Primature pour voir ce qui a été fait de ce fameux fonds destiné à la paix », soutient-il.
Aldiouma Sow s’interroge également sur l’utilisation des crédits du compte Diam, qu’il présente comme l’une des composantes de ce fonds.
« En Casamance, quelle a été l’utilisation qui a été faite des crédits du compte Diam, qui est une des composantes de ce fonds-là ? », demande-t-il.
Pour le ministre, cette question dépasse désormais la simple confrontation politique. Elle relève, selon lui, de la responsabilité de toute personne ayant exercé une fonction publique.
« L’heure n’est plus au débat avec l’ancien Premier ministre. L’heure est à la reddition des comptes. Ousmane Sonko doit rendre compte de sa gestion de la Primature », a martelé Aldiouma Sow.
« Deux camps : ceux qui travaillent et ceux qui sont dans la diversion »
Au-delà de la dette, le ministre livre une lecture très politique de la situation actuelle. Il estime que le Sénégal évolue désormais entre deux dynamiques.
D’un côté, il place ceux qui assument les responsabilités de l’État et travaillent à faire avancer le pays. De l’autre, il accuse certains acteurs de privilégier la polémique et la diversion.
« Il n’y a pas une troisième voix, il y a juste deux camps. Il y a le camp de ceux qui travaillent et il y a le camp de ceux qui sont dans la diversion », affirme-t-il.
Aldiouma Sow accuse ainsi certains responsables de chercher à détourner l’attention de l’opinion. Selon lui, les réseaux sociaux constituent désormais leur principal espace d’expression.
« La diversion, c’est ce qu’il y a de plus facile. On peut divertir les personnes depuis son lit », lance-t-il.
Le ministre dénonce également la « désinformation » et la « manipulation de l’opinion ». Il estime que ces pratiques ne doivent pas détourner les Sénégalais des priorités nationales.
La reddition des comptes au cœur de son argumentaire
Enfin, Aldiouma Sow revient sur la responsabilité des dirigeants devant les citoyens. Pour lui, la démocratie implique nécessairement un devoir de rendre compte.
« Une démocratie également, c’est la reddition des comptes », rappelle-t-il.
Dans cette logique, toute personne ayant exercé des responsabilités gouvernementales doit pouvoir expliquer l’utilisation des ressources qui lui ont été confiées.
Le ministre estime donc qu’Ousmane Sonko doit répondre aux interrogations sur sa gestion de la Primature avant de revenir au premier plan dans le débat sur la dette publique.
Cette sortie intervient alors que la dette, sa gestion et les choix économiques du Sénégal continuent de susciter de vives réactions. Pour Aldiouma Sow, la priorité reste désormais claire : travailler, rendre compte et éviter les diversions.

