À Joal, la justice tente d’éclaircir les circonstances de la disparition de 6,8 millions de francs CFA appartenant à un point multiservices. La gérante, qui affirme avoir été victime d’un braquage, est poursuivie par son employeur, convaincu qu’elle a simulé l’agression pour détourner les fonds. Le tribunal correctionnel de Mbour rendra sa décision le 16 novembre.

Une agression contestée

Le tribunal correctionnel de Mbour s’est penché sur une affaire qui soulève de nombreuses interrogations. Poursuivie à la suite d’une plainte déposée par son employeur, M. M. Seck, I. Faye, gérante d’un point multiservices à Joal, répond d’accusations portant sur le vol de 6,8 millions de francs CFA.

Selon les faits rapportés à l’audience, l’affaire remonte au 22 juin 2024, aux environs de 23 heures. La prévenue explique qu’elle rentrait chez elle à bord d’un taxi clandestin, son bébé attaché au dos, en transportant deux sacs. Le premier contenait la recette du jour, estimée à 6,8 millions de francs CFA, tandis que le second renfermait 14 téléphones de service.

À sa descente du véhicule, des individus l’auraient violemment agressée avant de s’emparer uniquement du sac contenant l’argent. Les assaillants auraient ensuite pris la fuite.

L’employeur dénonce une mise en scène

Toutefois, cette version des faits ne convainc pas son employeur. Persuadé que le braquage a été simulé, M. M. Seck a saisi la justice en déposant une plainte pour vol.

À la suite de cette plainte, la brigade de gendarmerie de Joal a interpellé I. Faye avant de la placer sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt et de correction de Mbour. La prévenue a, par la suite, bénéficié d’une liberté provisoire.

Une défense qui met en cause les conditions de travail

Devant le tribunal, I. Faye a réaffirmé qu’elle avait bel et bien été victime d’une agression. Elle a également soutenu que son employeur avait indirectement favorisé cette situation en l’obligeant à travailler ce soir-là et à rentrer seule, alors que le chauffeur chargé d’assurer habituellement le transport du personnel était absent.

De son côté, la partie civile rejette catégoriquement cette explication. Elle estime peu crédible que les auteurs présumés du braquage aient choisi d’emporter uniquement le sac contenant les 6,8 millions de francs CFA tout en abandonnant celui qui renfermait les 14 téléphones de service. Elle s’interroge également sur l’absence de réaction des autres passagers du véhicule et des riverains au moment des faits.

Verdict attendu le 16 novembre

À l’issue des débats, le procureur de la République a requis l’application de la loi sans formuler de réquisitions particulières. Le tribunal correctionnel de Mbour a mis l’affaire en délibéré et rendra son jugement le 16 novembre.

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