Le Moyen-Orient connaît une troisième nuit consécutive sans frappes américaines contre l’Iran, tandis que Téhéran n’a revendiqué aucune attaque contre les pays du Golfe alliés de Washington. Malgré cette accalmie militaire, les tensions diplomatiques restent élevées. Lundi 27 juillet, le ministère iranien des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de France, Pierre Cochard, qu’il accuse d’« ingérence ».

L’Iran convoque l’ambassadeur de France pour « ingérence »

Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la convocation de l’ambassadeur français à Téhéran dans un contexte de dégradation des relations entre les deux pays.

Cette décision intervient une semaine après les déclarations du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le 20 juillet, celui-ci avait dénoncé une « action d’intimidation extrêmement grave » menée, selon lui, par les services de sécurité iraniens contre deux diplomates français brièvement interpellés à Téhéran le 19 juillet.

Les frappes marquent une pause et les marchés réagissent

Pour la troisième nuit d’affilée, aucun bombardement américain n’a été signalé sur le territoire iranien. De son côté, la République islamique n’a revendiqué aucune attaque contre les États du Golfe alliés des États-Unis.

Cette accalmie a entraîné un recul marqué des cours du pétrole. Vers 9 h 30 TU, le baril de Brent pour livraison en septembre reculait de 8,52 % à 88,53 dollars, tandis que le West Texas Intermediate

(WTI) perdait 7,32 % à 82,77 dollars. Les analystes d’ING soulignent toutefois que cette détente n’a pas encore permis une reprise significative du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

Téhéran écarte toute implication américaine dans ses discussions avec Oman

La diplomatie iranienne affirme que les discussions engagées avec Oman sur l’administration du détroit d’Ormuz ne concernent pas les États-Unis.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré qu’il s’agissait d’un dialogue strictement bilatéral entre Mascate et Téhéran. Il a également indiqué que la voie maritime restait fermée.

Le détroit d’Ormuz demeure sous haute tension

Les autorités iraniennes continuent de renforcer leur contrôle sur cette voie maritime stratégique. Selon la télévision d’État, la marine des Gardiens de la Révolution a intercepté lundi six navires qui empruntaient des itinéraires non autorisés. Après des tirs de semonce, les bâtiments ont été contraints de rebrousser chemin.

Par ailleurs, l’agence iranienne Tasnim a rapporté qu’un pétrolier avait explosé dimanche après avoir heurté une mine dans le détroit d’Ormuz. L’agence affirme que le navire avait quitté la route de navigation définie par les autorités iraniennes.

L’Iran menace l’Ukraine après l’attaque d’un navire en mer Caspienne

Téhéran a également adressé un avertissement à l’Ukraine après une attaque contre un navire iranien en mer Caspienne, attribuée à Kiev.

Le porte-parole de la diplomatie iranienne a qualifié cette opération d’« acte illégal » et de « dangereux aventurisme », estimant qu’elle ne resterait pas sans réponse. Il a prévenu que les conséquences pourraient être « imprévisibles ».

Washington privilégie désormais la voie diplomatique

Selon le média américain Axios, le commandant du CentCom aurait recommandé de suspendre les bombardements à proximité du détroit d’Ormuz, estimant que les opérations avaient atteint leurs limites en termes d’efficacité.

Dimanche, l’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies a déclaré que le président Donald Trump souhaitait « laisser de la place » aux négociations, un signal interprété comme une volonté de privilégier une issue diplomatique à la crise.

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