L’épisode de poussière observé vendredi et samedi sur le littoral sénégalais s’explique par une configuration météorologique particulière. Selon l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), des vents forts en Mauritanie ont transporté les particules vers le Sénégal, réduisant fortement la visibilité sur l’axe Saint-Louis-Dakar.

Des vents venus de Mauritanie à l’origine de l’épisode

L’épisode de poussière enregistré vendredi et samedi sur le littoral sénégalais reste inhabituel pour un mois d’octobre. Selon Abdoulaye Diouf, chef de la Prévision et de la réduction des risques à l’Anacim, ce phénomène survient généralement plus fréquemment à partir de novembre, après la période de transition.

À l’origine de cet épisode, des vents forts au sol ont soulevé des particules de poussière dans l’ouest de la Mauritanie. Des vents intenses en altitude, autour de 600 mètres, les ont ensuite transportées vers le Sénégal.

« Les vents forts étaient beaucoup plus intenses dans l’ouest de la Mauritanie. Ils ont longé la côte et transporté la poussière sur le littoral nord du Sénégal », explique le spécialiste.

Une visibilité fortement réduite entre Saint-Louis et Dakar

L’axe Saint-Louis-Dakar a particulièrement subi les effets de cette situation météorologique. Selon Abdoulaye Diouf, la visibilité est descendue sous les 1 500 mètres, avec des valeurs proches de 1 200 mètres à certains moments.

D’autres localités ont également enregistré une visibilité inférieure à 2 500 mètres. À l’aéroport, les conditions météorologiques se sont particulièrement dégradées.

Des sols secs favorisent le soulèvement de la poussière

L’état des sols en Mauritanie a également contribué à cet épisode. L’insuffisance des précipitations maintient les surfaces sèches et meubles, ce qui facilite le soulèvement des particules sous l’effet du vent.

« En l’absence de pluies suffisantes pour humidifier et compacter la surface, quelques jours d’ensoleillement combinés à des vents forts peuvent suffire à soulever les particules », précise Abdoulaye Diouf.

Cet épisode illustre ainsi l’influence conjuguée des vents et du déficit de précipitations sur le transport de poussière vers le littoral sénégalais.

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