Malgré la construction de nouvelles salles de classe et d’équipements pédagogiques, le lycée Seydina Limamou Laye de Guédiawaye fait face à un déficit d’enseignants. L’établissement a perdu 25 professeurs partis à la retraite, sans remplacement. Cette situation complique la prise en charge des élèves, dont les effectifs continuent d’augmenter.
25 départs à la retraite sans remplacement
Au lycée Seydina Limamou Laye, les nouvelles infrastructures ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes. Alors que l’établissement prévoit d’augmenter sa capacité d’accueil grâce à de nouvelles salles de classe, des laboratoires et des espaces numériques, le manque d’enseignants devient une préoccupation majeure.
« Nous avons perdu 25 professeurs partis à la retraite », révèle le proviseur, Aliou Diallo. Ces départs n’ayant pas été compensés, plusieurs postes restent vacants. Une situation qui complique l’organisation des enseignements.
La pression s’accentue avec l’arrivée d’environ 2 011 élèves orientés en classe de seconde. Pour faire face au manque de personnel, le proviseur assure lui-même 20 heures de cours par semaine.
Face à cette situation, il interpelle les autorités : « Vous nous envoyez des élèves et vous nous confiez leur formation dans nos établissements ; envoyez-nous également les professeurs. »
Selon lui, cette difficulté dépasse le seul lycée Seydina Limamou Laye. Plusieurs établissements de l’académie connaissent les mêmes problèmes, entre classes surchargées et insuffisance du personnel enseignant. Cette situation soulève la question de l’adéquation entre les orientations scolaires et les capacités réelles d’accueil et d’encadrement.
Préserver l’excellence malgré la hausse des effectifs
Pour Aliou Diallo, le défi ne consiste pas seulement à accueillir davantage d’élèves. Le lycée entend aussi préserver son statut d’établissement de référence, notamment grâce à ses performances au Concours général et au baccalauréat.
Le proviseur rappelle toutefois que son établissement ne recrute pas les meilleurs profils du pays, contrairement aux lycées scientifiques d’excellence. Il accueille les élèves orientés par le système éducatif, dont certains affichent des moyennes inférieures à 9 ou 10 sur 20.
Malgré ces conditions d’entrée, le lycée parvient à se maintenir parmi les meilleurs au Concours général. Les résultats au baccalauréat ont cependant connu une baisse, notamment en raison du manque de salles de classe.
Le proviseur observe néanmoins une amélioration depuis l’année dernière. Il souligne également que les performances de l’établissement restent supérieures à la moyenne nationale.
Des infrastructures encore perturbées par les travaux
Les nouvelles constructions devraient améliorer les conditions d’apprentissage et permettre d’accueillir davantage d’élèves. Mais leur efficacité dépendra aussi du renforcement du personnel et de l’achèvement des travaux.
Engagé depuis près de quatre ans, le chantier perturbe encore le fonctionnement de l’établissement. Les nuisances sonores, la circulation des ouvriers et le fonctionnement des machines affectent l’environnement scolaire.
Aliou Diallo souhaite ainsi retrouver rapidement un cadre pédagogique plus serein, propice aux apprentissages.
La formation professionnelle, un autre défi du lycée
Au-delà de l’enseignement général, le lycée Seydina Limamou Laye mise également sur la formation technique et professionnelle. Son offre comprend des parcours allant du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) à des diplômes de niveau supérieur.
Ces formations associent enseignements théoriques et apprentissage d’un métier. Pour Aliou Diallo, cette dimension doit occuper une place plus importante dans les politiques éducatives.
Il estime que l’école doit mieux préparer les jeunes à intégrer le marché du travail, en leur transmettant des compétences pratiques. « L’objectif est que chaque apprenant sorte avec un diplôme, mais aussi avec un métier », explique-t-il.
Cette ambition se heurte toutefois au coût des équipements et des intrants nécessaires aux travaux pratiques. Le proviseur appelle donc les autorités à renforcer les moyens consacrés à la formation professionnelle.
Entre hausse des effectifs, déficit d’enseignants et exigences de performance, le lycée Seydina Limamou Laye fait face à un défi qui dépasse la seule question des infrastructures. Pour son proviseur, l’amélioration de la qualité de l’enseignement suppose aussi des moyens humains et matériels adaptés.
L’agrandissement des établissements doit ainsi s’accompagner d’un renforcement de leurs capacités pédagogiques.
