Le sociologue Abdoulaye Niang plaide pour une société civile plus autonome vis-à-vis des partis politiques et des financements extérieurs. Pour l’ancien président du Collectif africain de la paix (CAP), son indépendance politique et financière est essentielle pour défendre les aspirations des populations et peser sur les décisions publiques.
La société civile sénégalaise doit revoir ses modes de fonctionnement et renforcer son autonomie. C’est le message défendu par le professeur Abdoulaye Niang lors de l’assemblée générale du Collectif africain de la paix (CAP), dont il a été le président.
Le sociologue dénonce l’influence des intérêts partisans et des opportunités financières sur les orientations de certaines organisations citoyennes. « La trajectoire de la société civile est trop souvent dictée par des logiques partisanes et des opportunités financières à court terme », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l’APS et relayés par Senego.
Il estime que cette dépendance peut entraîner des changements de position au gré des alliances politiques et des intérêts financiers. Il appelle ainsi les organisations à renouer avec leur mission première : défendre les préoccupations des populations.
Replacer les communautés au cœur de l’action citoyenne
Pour Abdoulaye Niang, la légitimité de la société civile doit d’abord reposer sur ses liens avec les communautés qu’elle représente. « La véritable souveraineté d’une société civile réside exclusivement dans son rapport avec la base », soutient-il.
Selon le sociologue, les positions des organisations citoyennes doivent refléter les besoins et les aspirations des populations locales, plutôt que les intérêts de partenaires extérieurs. Il plaide également pour des valeurs et des engagements ancrés dans les réalités sociales.
Cette autonomie passe, à ses yeux, par une révision des mécanismes de financement. Il invite les organisations à choisir des partenaires compatibles avec leurs missions et à éviter toute dépendance susceptible de compromettre leur liberté de parole et d’action.
Renforcer les liens avec les médias et la recherche
Le professeur Abdoulaye Niang préconise également une collaboration plus étroite entre la société civile et les médias. Il estime que ce partenariat favoriserait la diffusion des préoccupations citoyennes et rendrait les enjeux publics plus accessibles.
Par ailleurs, il propose la mise en place d’un conseil scientifique pour intégrer davantage la recherche et l’expertise dans les analyses et les propositions des organisations. Cette démarche permettrait, selon lui, de renforcer leur crédibilité et d’étayer leurs alternatives aux politiques publiques.
Construire un rapport de force constructif
L’objectif est de permettre à la société civile de peser davantage dans le débat public et d’influencer les décisions des autorités. Abdoulaye Niang appelle ainsi les acteurs citoyens à dépasser les logiques d’allégeance politique et de dépendance financière.
Il défend une société civile capable de formuler des propositions crédibles, de défendre les populations les moins entendues et de contribuer durablement à l’élaboration des politiques publiques.
