Moins coûteuses à l’usage, les motos électriques gagnent du terrain à Dakar, notamment auprès des livreurs. Entre économies sur le carburant et réduction des frais d’entretien, elles offrent une alternative aux deux-roues thermiques. Toutefois, leur autonomie, leur vitesse et les pannes signalées freinent encore leur adoption.

À Dakar, les motos électriques attirent de plus en plus de jeunes, particulièrement ceux qui travaillent dans la livraison. Sur l’avenue Bourguiba, le point de vente de la marque Revoo accueille livreurs, acheteurs et curieux. Devant le magasin, plusieurs deux-roues sont branchés pour recharger leurs batteries après une journée de travail.

Selon Ousmane Guèye, coordinateur commercial de Revoo au Sénégal, les motos proposées par l’enseigne sont principalement importées de Chine. Le magasin commercialise cinq modèles, avec des caractéristiques et des prix différents.

Le modèle B12 figure parmi les plus demandés. Affichée à 860 000 FCFA, cette moto peut parcourir jusqu’à 140 kilomètres après une recharge complète, selon le responsable commercial. Il estime son coût de recharge quotidien à environ 500 FCFA. Le modèle A52, présenté comme le plus cher de la gamme, coûte 970 000 FCFA.

Des économies appréciées par les livreurs

Pour les professionnels de la livraison, l’argument économique constitue le principal attrait de ces motos. Omar Ciré, qui utilise une B12 depuis près d’un an, affirme avoir réduit ses dépenses depuis qu’il a abandonné sa moto à essence.

Son employeur lui a fourni le véhicule électrique. Il verse désormais 5 000 FCFA par jour à celui-ci et affirme réaliser au moins 10 000 FCFA de bénéfice quotidien après ce paiement. Pour la recharge, il dépense entre 400 et 500 FCFA par jour.

Ahmed Diop, un autre livreur, souligne également les économies réalisées. Avec son ancienne moto thermique, il dépensait au moins 3 000 FCFA par jour en carburant, sans compter l’entretien et les vidanges. Aujourd’hui, il affirme pouvoir recharger sa moto électrique pour environ 300 FCFA, voire gratuitement lorsqu’il se rend au point de vente.

Le livreur indique réaliser jusqu’à 25 000 FCFA de chiffre d’affaires certains jours. Ces témoignages illustrent l’intérêt économique de ces engins pour les professionnels, même si les dépenses et les revenus varient selon les conditions d’utilisation.

La vitesse et l’autonomie restent des obstacles

Malgré ces avantages, les motos électriques présentent des limites. Omar Ciré estime notamment que leur vitesse est inférieure à celle des motos thermiques. Selon lui, certains trajets qui nécessitent 30 minutes en moto électrique peuvent être effectués en 15 à 20 minutes avec un modèle à essence.

Il pointe également l’autonomie des batteries, qui ne lui permettrait parfois de travailler que quatre à cinq heures, ainsi que des pannes récurrentes. Il souhaite donc une amélioration de la durée d’utilisation et de la fiabilité des véhicules.

Ousmane Guèye évoque, de son côté, les réticences initiales de certains clients face à la recharge électrique. Il cite également le coût du dédouanement et les formalités administratives, notamment pour l’obtention de la carte grise et la mutation des véhicules.

Les motos thermiques conservent leurs adeptes

Au rond-point Jet d’Eau, Latyr, un jeune livreur qui utilise une moto à essence, reconnaît les avantages économiques des modèles électriques. Il reste néanmoins attaché aux motos thermiques en raison de leur vitesse et de la puissance de leur moteur.

« Je préfère dépenser plus et rouler vite », résume-t-il.

Malgré ces réserves, les motos électriques gagnent progressivement leur place dans le paysage dakarois. Leur coût d’utilisation attire particulièrement les livreurs, pour qui chaque dépense influe sur les revenus quotidiens. Pour élargir leur adoption, les distributeurs devront toutefois répondre aux préoccupations des utilisateurs concernant l’autonomie, la vitesse, la fiabilité et le service après-vente.

Laisser un commentaire