De nouveaux documents transmis par la justice espagnole renforcent les accusations de Thierno Alassane Sall dans le dossier ASER-AEE Power. À sa sortie de la Section de recherches de Colobane, le député a affirmé que près de 30 milliards de francs CFA destinés à l’électrification rurale ont été transférés en moins de deux mois, sans qu’aucun chantier ne soit lancé. Il met également en cause les plus hautes autorités de l’État.
De nouveaux éléments versés à l’enquête
Thierno Alassane Sall est revenu à la charge dans le dossier ASER-AEE Power. Ce lundi, le président de République des Valeurs s’est présenté à la Section de recherches de Colobane afin de déposer de nouveaux éléments qu’il estime déterminants pour l’enquête.
À sa sortie, l’ancien ministre de l’Énergie a affirmé que près de 37 milliards de francs CFA, destinés à électrifier 1 600 localités rurales, ont été décaissés sans qu’aucun travail ne démarre sur le terrain. Selon lui, une grande partie de ces fonds a disparu en moins de deux mois.
Des documents espagnols au cœur des accusations
Pour étayer ses déclarations, Thierno Alassane Sall a présenté des documents obtenus dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte en Espagne. D’après lui, le Tribunal de première instance de Madrid a engagé une enquête préliminaire pour « appropriation indue ».
Par ailleurs, des relevés bancaires transmis par Banco Santander apporteraient, selon le député, des preuves supplémentaires. Ces documents indiquent que le compte d’AEE Power EPC ne contenait que 22 020 euros avant le versement des 37 milliards de FCFA, effectué le 11 juin 2024.
Ensuite, en l’espace de quarante-huit jours seulement, près de 30 milliards de FCFA auraient été transférés vers plusieurs comptes bancaires situés dans différents pays. Toujours selon les relevés évoqués par le parlementaire, le compte ne présentait plus qu’un solde de 1 346 euros au 27 février 2026. Des informations également rapportées par Dakaractu, qui suit cette affaire depuis son éclatement.
Le Premier ministre cité dans les déclarations
Au-delà des aspects financiers, Thierno Alassane Sall a directement mis en cause les autorités étatiques. Il affirme notamment que le Premier ministre Ousmane Sonko a rencontré des représentants de Banco Santander le 26 décembre 2024, alors que des signaux d’alerte concernant d’éventuelles irrégularités avaient déjà émergé.
Face à la presse, le député a déclaré : « Deux ans après, le responsable d’AEE Power EPC s’est volatilisé avec nos 37 milliards. Cela n’aurait pas été possible sans le soutien, par action ou par inaction, d’autorités du Sénégal. »
Des manquements dénoncés dans le suivi du contrat

