Alors que Bamako reste sous blocus routier depuis fin avril, des jihadistes ont incendié samedi plusieurs bus de transport dans le centre du Mali, aggravant davantage les perturbations économiques et les difficultés de circulation dans le pays.
La situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali. Samedi, des jihadistes ont incendié plusieurs bus de transport à destination de Bamako dans la localité de Zambougou, située dans le centre du pays, sur l’axe reliant Ségou à la capitale malienne. Des témoins ainsi qu’un responsable local de la société civile ont confirmé l’information.
Selon un témoin ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, les assaillants ont attaqué plusieurs véhicules de transport avant d’y mettre le feu. Un autre témoin précise que les passagers ont d’abord été contraints de descendre des bus avant l’incendie des véhicules.
Un blocus routier qui asphyxie Bamako
Depuis le 30 avril, les jihadistes imposent un blocus routier sur plusieurs axes stratégiques menant vers Bamako. Cette situation intervient dans un contexte déjà marqué par une forte instabilité sécuritaire.
Le Mali traverse une période d’incertitude depuis les attaques coordonnées menées les 25 et 26 avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), à dominante touareg.
Ce blocus affecte particulièrement la capitale malienne, fortement dépendante du transport routier pour son approvisionnement. Pays enclavé, le Mali repose en grande partie sur les importations acheminées par voie terrestre.
Des pertes importantes pour les transporteurs
Au-delà des conséquences sécuritaires, cette crise provoque d’importantes perturbations économiques. Le blocus ralentit considérablement la circulation des personnes et des marchandises, dans un pays déjà fragilisé par plus d’une décennie d’instabilité.
Un responsable local de la société civile a décrit des dégâts considérables après l’attaque de samedi.
« Les gens n’ont pas eu le temps de sauver leurs biens, tout a été réduit en cendres. Des carcasses de véhicules se consument encore sur le bitume. L’ampleur des pertes est considérable », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, plusieurs convois de marchandises ont également été incendiés ces derniers jours, selon des témoignages recueillis sur place.
Un “couloir humanitaire” annoncé par les jihadistes
Malgré ce climat de tension, les jihadistes ont annoncé jeudi l’ouverture d’un « couloir humanitaire pour les malades », à travers une vidéo diffusée localement.
Toutefois, sur le terrain, les attaques contre les véhicules civils continuent d’alimenter les inquiétudes des populations et des acteurs économiques face à l’aggravation de la crise sécuritaire dans le pays.

