Le commissariat de Grand-Yoff a démantelé à la Médina un important réseau de falsification de documents administratifs. Dirigé présumé par un ex-agent de la DGID, le système aurait causé plusieurs milliards de francs CFA de pertes au Trésor public.
Un réseau actif depuis une décennie
Les éléments du commissariat de Grand-Yoff ont mis fin à un vaste trafic de faux documents administratifs installé à la Médina. Selon Libération, le réseau opérait discrètement depuis près de dix ans et aurait généré un important manque à gagner pour l’État sénégalais. Les enquêteurs évaluent le préjudice à plusieurs milliards de francs CFA, en raison des fraudes commises dans l’attribution de marchés de fournitures.
Un ancien agent de la DGID présenté comme cerveau du réseau
Au centre de cette affaire figure Y. Diouf, âgé de 52 ans et ancien contractuel de la Direction générale des Impôts et des Domaines. Employé entre 2004 et 2017, il aurait exploité sa connaissance des procédures administratives pour mettre en place un véritable “laboratoire du faux”. Avec la complicité présumée d’un informaticien, il fabriquait des documents administratifs contrefaits destinés à faciliter des opérations frauduleuses.
Des documents officiels imités à grande échelle
Selon les premiers éléments de l’enquête, le réseau produisait de faux documents attribués à plusieurs institutions stratégiques. Parmi elles figurent l’Autorité de régulation de la commande publique, la DGID, l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal, la Caisse de Sécurité sociale ainsi que l’Inspection du Travail. Les suspects vendaient ces documents entre 70 000 et 300 000 FCFA à des entreprises désireuses d’obtenir frauduleusement des marchés publics.
Plus d’une centaine de fournisseurs identifiés
L’exploitation des téléphones et du matériel informatique saisis a permis aux enquêteurs d’identifier formellement 114 fournisseurs impliqués dans ce système. Par ailleurs, les différentes administrations concernées ont confirmé le caractère frauduleux des documents récupérés. Elles ont notamment signalé l’utilisation illégale de timbres officiels et d’en-têtes administratifs falsifiés.
Plusieurs plaintes déposées
À la suite des découvertes réalisées par les enquêteurs, plusieurs services publics ont déposé plainte. Les services fiscaux de Guédiawaye, des Parcelles Assainies et de Ngor-Almadies figurent parmi les parties ayant saisi la justice. L’Inspection régionale du Travail et de la Sécurité sociale a également engagé des poursuites dans cette affaire.
Une enquête toujours en cours
Les investigations se poursuivent afin de mesurer l’étendue exacte du réseau et d’identifier tous les bénéficiaires de ces faux documents. Les enquêteurs cherchent désormais à établir les responsabilités de chaque acteur impliqué dans ce système de fraude administrative aux ramifications potentiellement importantes.
