Au cœur d’une vive polémique foncière à la Cité Mourtalla, un homme d’affaires sénégalais a livré sa version des faits après l’expulsion d’un père de famille de 56 ans. Alors qu’une vague de solidarité s’est déclenchée sur les réseaux sociaux en faveur de Mouhamed Aly Srour, le propriétaire présumé du terrain rejette toute possibilité de céder la parcelle et dénonce une « manipulation ».
« Je l’ai trouvé à genoux, en pleurs »
L’homme d’affaires affirme avoir acquis le terrain il y a plusieurs années avant de constater le début d’une construction non autorisée sur le site. Alerté par des proches chargés de surveiller la parcelle, il dit avoir immédiatement saisi la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos).
Quelques jours plus tard, Mouhamed Aly Srour se serait présenté à son bureau pour solliciter une solution à l’amiable.
« Dès qu’il est entré, il s’est mis à genoux et a éclaté en sanglots », raconte-t-il dans les colonnes de L’Observateur.
Selon lui, le père de famille lui aurait expliqué avoir été victime d’une escroquerie lors de l’achat du terrain et avoir investi toutes ses économies dans la construction de la maison.
Touché par cette situation, l’homme d’affaires assure avoir accepté de lui vendre la parcelle pour 50 millions de francs CFA, avec un paiement échelonné afin de lui faciliter la tâche.
Une tentative de revente qui fait tout basculer
Cependant, l’accord aurait rapidement volé en éclats. En effet, l’importateur de riz affirme avoir reçu un appel d’un notaire l’informant qu’une personne tentait de revendre le terrain à l’aide d’une procuration et d’une copie de sa carte d’identité.
« J’étais abasourdi », confie-t-il.
Après avoir convoqué Mouhamed Aly Srour pour obtenir des explications, il dit avoir découvert une supposée tentative de revente du terrain à un prix plus élevé.
« Je lui ai clairement dit qu’il n’y avait plus d’accord entre nous », soutient-il.
À partir de ce moment, il affirme avoir engagé une procédure judiciaire pour récupérer son bien. Malgré les décisions de justice, il reproche à son adversaire d’avoir poursuivi les travaux jusqu’à l’achèvement de la villa.
Dix millions FCFA versés pour faciliter le départ
Par la suite, plusieurs médiateurs auraient tenté de rapprocher les deux parties. Sous l’insistance d’un proche, l’homme d’affaires affirme avoir accepté une nouvelle fois d’aider financièrement Mouhamed Aly Srour afin de faciliter son déménagement.
Il dit avoir remis 10 millions de francs CFA en décembre 2025, en présence d’un imam et de témoins du quartier.
Selon lui, une décharge signée engageait le bénéficiaire à quitter les lieux avant février 2026.
« Il a encaissé l’argent mais a refusé de partir », déplore-t-il.
« Ce n’est plus une question d’argent »
Alors qu’une cagnotte en ligne a été lancée pour permettre à la famille expulsée de racheter la parcelle, l’homme d’affaires reste inflexible.
« Nous ne sommes plus dans le cadre d’une vente », tranche-t-il.
Il assure également n’avoir jamais réclamé les montants évoqués sur les réseaux sociaux, notamment la somme de 300 millions de francs CFA.
Pour lui, cette affaire dépasse désormais le simple aspect financier.
« C’est une question de principe. Je ne veux plus avoir affaire à quelqu’un que je considère comme un manipulateur », affirme-t-il.
Malgré la forte mobilisation populaire autour de cette affaire, il maintient donc sa position et exclut toute nouvelle négociation concernant la parcelle litigieuse.
