Chapô : Le ton est monté à Diourbel. Lors d’un point de presse organisé dimanche par la Coordination départementale de Kiiraay, le directeur du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS) de l’Université Alioune Diop de Bambey, Baye Mayoro Diop, a appelé à l’arrestation d’Ousmane Sonko et de plusieurs députés de PASTEF. Il réclame également l’inéligibilité à vie du responsable politique, dans un contexte de tensions autour du projet de loi de finances rectificative (LFR).
Baye Mayoro Diop durcit le ton contre Ousmane Sonko
La Coordination départementale de Kiiraay de Diourbel a lancé une offensive politique contre Ousmane Sonko et les députés de PASTEF. À l’occasion de son point de presse, Baye Mayoro Diop n’a pas mâché ses mots à l’égard du leader politique et de ses soutiens parlementaires.
« Il faut arrêter Ousmane Sonko et ses députés que je qualifie d’insulteurs, ces gaspilleurs d’argent », a déclaré le directeur du CROUS de l’Université Alioune Diop de Bambey.
Dans la foulée, il a réclamé une sanction politique particulièrement sévère contre le responsable de PASTEF : « Il faut le rendre inéligible à vie. C’est l’objectif. »
Baye Mayoro Diop présente cette démarche comme un « devoir citoyen » face à un profil qu’il considère comme déstabilisateur. Il réclame également des poursuites contre les députés concernés, auxquels il prête des intentions de « trahison et de liquidation de notre peuple ».
Poursuivant son réquisitoire, il estime que « la question de l’intervention du citoyen se pose désormais » et appelle à « leur faire face ».
Le rejet de la LFR ravive les tensions politiques
Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions autour du projet de loi de finances rectificative 2026, après le nouveau rejet du texte par la Commission des finances de l’Assemblée nationale.
À ce sujet, Baye Mayoro Diop accuse les parlementaires de PASTEF d’avoir « décidé de confisquer le pouvoir populaire » pour des intérêts qu’il qualifie de « crypto-personnels, politiciens, égoïstes et cyniques ».
Selon lui, les membres de la majorité parlementaire ne défendent plus la volonté populaire exprimée en mars 2024. Il leur reproche notamment d’avoir tenté d’installer « un président du président », avant de porter à la tête de l’Assemblée nationale une personnalité qui, selon ses termes, ne devrait pas occuper actuellement le perchoir.
Le responsable évoque également la tentative de transfert de prérogatives présidentielles vers le Parlement, une initiative qu’il affirme avoir été censurée par le Conseil constitutionnel.
Les conséquences budgétaires au cœur de son réquisitoire
Au-delà des affrontements politiques, Baye Mayoro Diop met en garde contre les conséquences financières et sociales du blocage parlementaire.
Il estime que la stratégie de l’opposition parlementaire consiste désormais à priver les Sénégalais de mécanismes essentiels à leur quotidien. Pour étayer son argumentaire, il cite notamment le paiement des salaires, le règlement des factures hospitalières, les prestations de transport, le fonctionnement du système éducatif et les bourses de sécurité familiale.
Face à cette situation, il apporte son soutien à une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, estimant que la représentation nationale a perdu sa légitimité.
Le directeur du CROUS évoque également les difficultés auxquelles ses propres services pourraient être confrontés pour rémunérer plusieurs centaines d’agents à la fin du mois. Il accuse, dans ce contexte, une centaine de députés d’avoir choisi de s’offrir des véhicules 4×4 d’une valeur de 55 millions de francs CFA plutôt que de défendre les intérêts des populations.
La Coordination de Kiiraay interpelle les députés de Diourbel
Les autres membres de la Coordination départementale de Kiiraay ont également pris la parole. Ils ont notamment invité les parlementaires Alioune Sène et Coumba Ndiaye, élus dans le département de Diourbel, à voter en faveur du projet de loi lors de son examen en séance plénière.
Dans le même esprit, le maire de Patar, Adiou Sène, a estimé que les députés devront assumer leurs responsabilités devant l’histoire.
Selon lui, un rejet définitif du texte compromettrait plusieurs engagements publics majeurs, notamment le versement des bourses sociales, les travaux d’approvisionnement en eau à Touba et le paiement régulier des salaires.
Ameth Niang alerte sur les conséquences sociales
Pour sa part, le Dr Ameth Niang a insisté sur les répercussions du blocage budgétaire sur plusieurs secteurs.
Il a notamment évoqué la suspension du relèvement des bourses, les retards dans le règlement des sommes dues aux entreprises ainsi que le paiement des compléments de rémunération du personnel soignant.
Enfin, il a appelé l’ensemble des acteurs concernés à prendre leurs responsabilités afin de permettre l’adoption du projet de loi entre novembre et décembre.
À Diourbel, cette sortie de la Coordination de Kiiraay illustre ainsi la montée de la confrontation politique autour de la LFR 2026. Entre accusations, appels à la dissolution de l’Assemblée nationale et inquiétudes sur les conséquences budgétaires, le débat parlementaire dépasse désormais le cadre strictement financier pour s’installer au cœur du rapport de force politique.
