La chaleur écrase une grande partie de l’Europe. L’Espagne, l’Italie, le Portugal, mais aussi la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Grande-Bretagne subissent des températures record pour un mois de juin. Le mercure continue de grimper : après avoir franchi les 40 et 41 degrés, il pourrait atteindre 42 à 43 degrés mercredi 24 ou jeudi 25 juin.

« Cette vague de chaleur s’étend à l’échelle continentale, un phénomène inédit », souligne Davide Faranda, directeur de recherche au CNRS en sciences du climat. Selon lui, « la France remportera malheureusement cette compétition des températures les plus élevées et de l’inconfort thermique le plus marqué ». À Paris, par exemple, les températures nocturnes entre mardi et mercredi devraient rester comprises entre 25 et 26 degrés.

Les scientifiques alertent sur les dangers de ces températures pour l’ensemble de la population, et pas uniquement pour les personnes les plus vulnérables. « Les gaz à effet de serre et le réchauffement climatique provoquent ces phénomènes. Les climatologues les avaient anticipés il y a déjà une trentaine d’années », rappelle Davide Faranda. Selon lui, les canicules continueront de s’intensifier si les États ne réduisent pas leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les transports français sous pression

Face à cette situation, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a recommandé ce lundi 22 juin aux voyageurs de limiter leurs déplacements et de privilégier le télétravail. Elle a averti que les fortes chaleurs affecteraient fortement les transports franciliens.

« Nos transports vont énormément souffrir, car les rails ne supportent pas des températures supérieures à 50 degrés », a-t-elle déclaré sur RTL. La région a finalement annoncé la suppression d’un train sur dix en Île-de-France.

De son côté, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a rejeté toute accusation de manque d’anticipation. Sur France Info, il a assuré que « la grande majorité des trains a circulé ce week-end » et que « le réseau a tenu ».

Pour éviter les pannes de climatisation liées aux températures extrêmes, la SNCF supprime depuis le 18 juin plusieurs trains Intercités, notamment sur les lignes Bordeaux-Marseille et Paris-Clermont-Ferrand.

Hôpitaux et écoles confrontés à la canicule

À l’hôpital Necker, à Paris, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a constaté une forte hausse des appels aux services d’urgence. Elle a indiqué sur TF1 que les équipes de régulation médicale enregistrent depuis dimanche une augmentation d’environ 60 % des sollicitations.

La canicule perturbe également le fonctionnement des établissements scolaires. Dans les départements placés en vigilance rouge, les autorités ont fermé 845 écoles et collèges lundi. Elles ont également adapté les horaires de 1 800 autres établissements sur les quelque 60 000 que compte le pays.

Dimanche, les températures ont atteint 42,2 degrés à Pissos, dans les Landes, et 42 degrés à Châteaumeillant, dans le Cher.

Plusieurs décès liés aux fortes chaleurs

Jérôme Boulanger, porte-parole de la Sécurité civile, a annoncé lundi que treize personnes se sont noyées le 21 juin. Il a appelé la population à privilégier les zones de baignade surveillées durant cet épisode de fortes chaleurs.

En Gironde, trois personnes âgées de 80 à 95 ans sont décédées le même jour. Les autorités estiment que la chaleur pourrait être à l’origine de ces décès.

Les prévisions officielles annoncent une hausse moyenne des températures de 2,7 °C en France d’ici 2050. Face à cette situation, le président Emmanuel Macron a annoncé la tenue d’une nouvelle cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule.

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