La tension politique monte autour de la réforme du Code électoral. Le groupe parlementaire de Pastef a vivement réagi à la décision du président Bassirou Diomaye Faye de demander une seconde délibération du projet de révision du texte électoral.
À l’issue d’une réunion consacrée à cette question, le président du groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, a reconnu que le chef de l’État agissait dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles. Il a rappelé que l’article 73 de la Constitution offre au président la possibilité soit de saisir le Conseil constitutionnel, soit d’exiger une nouvelle lecture du texte par l’Assemblée nationale.
Cependant, derrière cette reconnaissance formelle, le ton employé par la majorité parlementaire traduit un profond malaise politique. Ayib Daffé conteste les arguments avancés pour justifier cette seconde délibération, estimant que les éventuelles insuffisances du texte pouvaient être corrigées par voie d’amendements au cours du processus législatif classique.
Pour les responsables de Pastef, cette décision présidentielle ressemble davantage à une tentative de ralentissement politique qu’à une véritable objection juridique. Le groupe parlementaire considère que la réforme du Code électoral constitue un enjeu majeur et affirme sa détermination à faire adopter le texte malgré les obstacles.
« Nous constatons que le Président veut retarder l’adoption du texte, mais c’est peine perdue », a déclaré Ayib Daffé, soulignant la volonté de la majorité de poursuivre le processus jusqu’à son aboutissement.
Cette séquence révèle surtout les lignes de fracture qui émergent progressivement au sommet du pouvoir entre les différentes sensibilités de la majorité. Alors que Ousmane Sonko et les députés de Pastef affichent une volonté d’accélération des réformes, le président Bassirou Diomaye Faye semble privilégier une approche plus prudente sur certains dossiers sensibles.
Au-delà du débat technique sur le Code électoral, cette confrontation met en lumière un rapport de forces politique de plus en plus visible entre l’exécutif présidentiel et la majorité parlementaire issue de Pastef. Une situation qui alimente les interrogations sur l’équilibre réel du pouvoir au sein du régime actuel.
