La tension monte autour des travaux engagés sur la Corniche Ouest de Dakar. Réuni en urgence le samedi 22 août 2026, le Bureau municipal élargi aux secrétaires élus et aux présidents de commissions a vivement dénoncé les opérations de démolition attribuées à l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public contre le sous-emploi (Agetip).
Au cœur de la polémique figure notamment une enveloppe de 5 milliards de francs CFA. La Ville de Dakar précise que cette aide de l’État ne concerne pas le contentieux relatif aux démolitions intervenues sur la Corniche Ouest. La municipalité estime ainsi que les deux questions doivent être clairement distinguées.
Dans une déclaration rapportée par la presse, le Bureau municipal qualifie les opérations menées sur le site de « voie de fait intolérable dans un État de droit » et réaffirme son soutien au maire de Dakar, Abass Fall, présenté comme le défenseur des intérêts et du patrimoine de la collectivité.
Un différend lié aux aménagements des JOJ
Selon la Ville de Dakar, le différend s’inscrit dans le contexte de la préparation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) 2026. À la demande du Comité d’organisation, la municipalité affirme avoir engagé plusieurs opérations, notamment l’amélioration de l’éclairage public, la rénovation du terrain de basket avec la Basketball Africa League (BAL) ainsi que la remise à niveau de l’espace sportif sino-sénégalais.
La municipalité reproche toutefois à l’Agetip d’avoir refusé d’étudier quatre sites proposés pour l’installation de son équipement dénommé « Dragon », alors que des discussions étaient déjà engagées entre les différentes parties.
La Ville rappelle également avoir mobilisé plus de 13 milliards de francs CFA dans le cadre de la préparation des JOJ.
Le décret d’utilité publique au cœur du désaccord
Autre point de contestation : le décret n°2021-1055 du 2 août 2021, invoqué pour justifier la déclaration d’utilité publique du site concerné.
Pour la municipalité, ce décret prévoyait une durée de validité de trois ans et aurait donc expiré le 2 août 2024. Elle estime, par conséquent, que son utilisation pour justifier les opérations actuelles soulève des interrogations juridiques.
La Ville conteste également la présentation des installations détruites comme de simples équipements de musculation. Elle soutient que ces infrastructures sportives avaient été réalisées dans le cadre d’un don de la République populaire de Chine, au titre de la coopération décentralisée.
Abass Fall dénonce un « banditisme »
Le 21 août, le maire de Dakar, Abass Fall, avait déjà vivement réagi aux interventions effectuées sur le parcours sportif de la Corniche, allant jusqu’à les qualifier de « banditisme ». Il avait annoncé l’intervention d’un huissier afin de constater officiellement les dégâts.
À l’issue de sa réunion, le Bureau municipal dit regretter l’arbitrage du Premier ministre, qu’il considère comme tendancieux, et annonce son intention d’utiliser toutes les voies légales disponibles pour défendre les intérêts de la Ville.
Malgré la fermeté affichée, la municipalité appelle également à la reprise du dialogue entre l’État et la Ville de Dakar. L’objectif affiché est de trouver une issue permettant de préserver à la fois les intérêts de la collectivité, les projets liés aux JOJ et, surtout, l’intérêt des citoyens dakarois.

