Une maladie qui pèse lourdement sur le système de santé

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose, professionnels de santé et associations se sont réunis à Dakar. Ils ont lancé un appel pour renforcer l’accompagnement des malades et de leurs familles.

Au Sénégal, la drépanocytose constitue un véritable défi de santé publique. Au Centre national de transfusion sanguine (CNTS) de Dakar, l’Unité d’hématologie clinique suit actuellement près de 4 500 patients.

Pour le Dr Daouda Seck, responsable de l’unité, ce chiffre illustre l’ampleur de la maladie et son impact sur les populations concernées.

Cette année, la Journée mondiale se tient sous le thème : « L’accompagnement psychosocial pour une meilleure prise en charge ».

Aller au-delà du traitement médical

Selon le Dr Daouda Seck, les acteurs de la santé doivent désormais adopter une approche plus globale.

Les médecins ne doivent plus se limiter au traitement des crises douloureuses. Ils doivent aussi prendre en compte les dimensions psychologiques et sociales de la maladie.

Le spécialiste rappelle que les familles jouent un rôle essentiel dans le suivi quotidien des patients. Elles doivent donc bénéficier d’un accompagnement adapté.

« Cette approche doit également inclure les familles », a-t-il souligné.

Un impact psychologique souvent négligé

La drépanocytose ne provoque pas seulement des douleurs physiques. Elle entraîne aussi une souffrance psychologique importante.

Les hospitalisations répétées, les complications médicales et les contraintes quotidiennes affectent le moral des patients. Par conséquent, plusieurs spécialistes recommandent un suivi psychologique régulier.

Le président de l’Association sénégalaise de lutte contre la drépanocytose, Maguèye Ndiaye, partage ce constat.

Selon lui, les malades subissent souvent la stigmatisation, l’isolement et des difficultés familiales. Ces réalités aggravent leur souffrance et compliquent leur prise en charge.

Le coût des soins inquiète les familles

Au-delà des difficultés médicales, les familles doivent aussi faire face à des dépenses importantes.

Les hospitalisations fréquentes et les traitements représentent une charge financière lourde pour de nombreux ménages.

C’est pourquoi le directeur du CNTS plaide pour un renforcement des mécanismes de financement des soins. Il souhaite notamment une meilleure couverture des kits thérapeutiques.

De son côté, Maguèye Ndiaye appelle les pouvoirs publics à faire de la drépanocytose une priorité nationale.

Il réclame des mesures concrètes pour faciliter l’accès aux soins et améliorer le transport sanitaire des patients en situation de crise.

Une hausse inquiétante des cas

Les spécialistes alertent également sur l’évolution de la maladie.

Selon le professeur Saliou Diop, chef du Service d’hématologie de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), les cas de drépanocytose ont augmenté de 41 % entre 2000 et 2021.

Face à cette progression, il préconise deux actions majeures.

D’abord, il faut sensibiliser davantage les populations avant le mariage ou la conception. Ensuite, il convient de généraliser l’utilisation des tests rapides afin de détecter précocement la maladie chez les enfants.

Un appel à la mobilisation générale

Les acteurs de la santé affichent aujourd’hui un même constat : la prise en charge médicale seule ne suffit plus.

L’État, les professionnels de santé, les associations et les familles doivent agir ensemble pour améliorer les conditions de vie des malades.

Pour les 4 500 patients suivis au CNTS, comme pour les milliers d’autres à travers le pays, un accompagnement médical, psychologique, social et financier apparaît désormais indispensable.

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