Le cri d’alarme est unanime. Le constat est également préoccupant. Lundi 8 juin 2026, Baba Kergil, étudiant en sciences politiques et porte-parole du collectif, a pris la parole au nom de la Promotion 10 de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) de Kaolack.

Huit mois après leur orientation, ces boursiers affirment se sentir « abandonnés et laissés pour compte ». Selon eux, cette situation compromet sérieusement leur droit à l’éducation et menace leur avenir académique.

Des outils pédagogiques toujours absents

La première revendication concerne l’absence d’outils de travail essentiels. Les étudiants déclarent ne pas avoir reçu les ordinateurs ni les clés de connexion nécessaires au suivi des cours dans une université à vocation numérique.

À cette difficulté s’ajoute une forte incompréhension autour de la gestion des ressources financières. Le collectif affirme avoir appris qu’une enveloppe de 150 000 francs CFA par étudiant aurait été décaissée.

« À ce jour, aucune explication claire ne nous a été fournie quant à l’utilisation de ces ressources, alors que nous continuons d’étudier dans des conditions extrêmement précaires », déplore Baba Kergil.

Une différence de traitement dénoncée

Par ailleurs, les étudiants dénoncent une inégalité de traitement avec les autres universités sénégalaises. Alors que la plupart des établissements ont déjà entamé le second semestre, la Promotion 10 de Kaolack accuse toujours un important retard.

« Pourquoi cette différence de traitement ? Pourquoi les étudiants de Kaolack semblent-ils être les oubliés du système universitaire ? », s’interrogent-ils.

Selon eux, cette situation risque d’allonger la durée des études. Une licence prévue sur trois ans pourrait finalement s’étendre sur quatre, voire cinq années. Une perspective qu’ils jugent « totalement anormale ».

« Notre patience a des limites »

En outre, le collectif critique les lenteurs administratives, le non-respect des calendriers académiques et le silence persistant de la direction.

Les étudiants rappellent qu’ils ne demandent aucun privilège. Ils réclament simplement le respect de leurs droits fondamentaux. Ils interpellent ainsi les autorités compétentes, notamment le Premier ministre et le recteur de l’université.

Leur message se veut ferme : des mesures urgentes doivent être prises avant que la situation ne se dégrade davantage.

« Ce mois sera la goutte d’eau qui fera déborder le vase », avertit Baba Kergil.

Une précarité qui fragilise le parcours universitaire

Au quotidien, ces étudiants font face à de nombreuses difficultés. Ils doivent payer leurs loyers, régler leurs factures d’électricité et prolonger leur dépendance financière vis-à-vis de leurs familles.

Pour eux, la survie est devenue un combat permanent.

En conclusion, ils rappellent que l’université a pour mission de former les futurs cadres du pays. Négliger la jeunesse estudiantine aujourd’hui, estiment-ils, revient à compromettre le développement de demain.

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