La juriste Hawa Abdoul Ba estime que le considérant 9 de la décision rendue le 24 mai 2026 par le Conseil constitutionnel apporte un éclairage important sur le statut d’Ousmane Sonko. Selon elle, la haute juridiction reconnaît implicitement que le Premier ministre a été élu député lors des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024.
Un considérant qui alimente les débats juridiques
La décision rendue le 24 mai 2026 par le Conseil constitutionnel continue de susciter de nombreuses analyses. Au cœur des discussions figure le considérant 9, dans lequel la haute juridiction précise que la décision contestée « porte exclusivement sur l’intégration, après la cessation de ses fonctions ministérielles, d’un membre du Gouvernement élu député au sein de l’Assemblée nationale ».
Pour Hawa Abdoul Ba, cette formulation revêt une importance particulière. En effet, elle considère que le Conseil constitutionnel admet clairement qu’Ousmane Sonko a été élu député à l’issue des législatives anticipées de novembre 2024.
Une reconnaissance implicite du statut de député
Selon la juriste, ce passage de la décision répond indirectement à une controverse qui alimentait le débat public depuis plusieurs mois. Certains observateurs soutenaient qu’Ousmane Sonko n’avait jamais acquis la qualité de député malgré sa présence sur les listes victorieuses lors du scrutin législatif.
Toutefois, souligne Hawa Abdoul Ba, le Conseil constitutionnel qualifie expressément l’intéressé de « membre du Gouvernement élu député ». À ses yeux, cette expression constitue une reconnaissance explicite de son élection.
Un débat centré sur son intégration à l’Assemblée nationale
Par ailleurs, la juriste rappelle que le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé sur le fond du litige relatif à l’intégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. La haute juridiction a plutôt estimé que cette question échappait à sa compétence.
Néanmoins, en exposant les circonstances de l’affaire, le Conseil part du principe que l’ancien ministre a effectivement été élu lors des législatives du 17 novembre 2024. Dès lors, le débat juridique ne porte plus sur son élection, mais sur les conditions de son éventuelle intégration au Parlement après la cessation de ses fonctions gouvernementales.
Une lecture qui relance les interprétations
Cette analyse de Hawa Abdoul Ba pourrait alimenter davantage les discussions autour de la portée juridique de la décision du Conseil constitutionnel. Si la juridiction n’a pas tranché la question de l’entrée d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, elle semble néanmoins, selon cette lecture, avoir reconnu son statut de député élu, un élément qui pourrait peser dans les débats institutionnels à venir.

