À l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, célébrée le 5 juin, l’association « Vacances vertes » a appelé à une mobilisation accrue des communautés. Elle a également invité les autorités à adapter davantage les politiques publiques aux réalités du terrain.
Un appel face à l’urgence climatique
Placée sous le thème « Maintenant pour le climat », cette édition a permis aux femmes africaines de rappeler une réalité préoccupante : le changement climatique progresse plus vite que les réponses politiques et économiques.
Selon Khady Camara, présidente de l’association Vacances vertes, ce thème résonne particulièrement en Afrique. En effet, les conséquences du dérèglement climatique sont déjà visibles à travers les sécheresses, les inondations, l’avancée du désert et l’insécurité alimentaire.
Les femmes en première ligne
Pour Khady Camara, le changement climatique n’est pas une simple statistique. Il constitue une réalité quotidienne pour de nombreuses familles.
Lorsque les pluies deviennent imprévisibles ou que les récoltes diminuent, les femmes supportent souvent les conséquences les plus lourdes. Elles parcourent davantage de kilomètres pour trouver de l’eau, nourrir leurs familles ou organiser la résilience des communautés.
Par ailleurs, elle estime que les femmes jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’environnement. Dans de nombreuses localités, elles protègent les semences, les forêts et les terres agricoles depuis plusieurs générations.
L’écoféminisme au cœur du plaidoyer
Khady Camara rappelle également que l’écoféminisme établit un lien entre la protection de la nature et la défense des droits des femmes.
Selon elle, les systèmes d’exploitation qui fragilisent l’environnement contribuent aussi à maintenir certaines inégalités sociales. Dès lors, la lutte contre le changement climatique doit intégrer pleinement la place des femmes dans les stratégies de développement.
Des solutions locales déjà à l’œuvre
Face aux défis climatiques, l’association estime que plusieurs solutions existent déjà.
Elle cite notamment l’agroécologie, le reboisement communautaire, la gestion durable de l’eau, les énergies renouvelables locales, l’économie circulaire ainsi que la valorisation des savoirs endogènes à travers le projet Naforet.
De plus, ces initiatives démontrent qu’une relation plus durable avec la nature est possible. Elles favorisent également une agriculture plus résiliente et une meilleure préservation des ressources naturelles.
Pour une économie rurale durable
Selon Khady Camara, il devient nécessaire de repenser les modes de production agricole.
Elle plaide ainsi pour une plus grande valorisation de la femme rurale, un retour vers les territoires agricoles et la construction d’une économie durable. Ces orientations pourraient renforcer la résilience des communautés face aux effets du changement climatique.
Une demande de justice climatique
Enfin, la présidente de Vacances vertes dénonce une situation qu’elle juge injuste. L’Afrique contribue faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, elle subit fortement les conséquences du réchauffement climatique.
C’est dans cette logique qu’elle a initié, depuis 2021, la Grande Marche des femmes pour la justice climatique au Sénégal.
« Défendre le climat, c’est défendre la vie. Défendre les femmes. Défendre les communautés. Défendre notre avenir commun », a-t-elle rappelé.
Mobiliser pour l’avenir
À travers cet appel, l’association souhaite placer les femmes au cœur des politiques climatiques. Elle invite également les décideurs à soutenir davantage les initiatives locales.
