Le président de l’Union patronale des mareyeurs exportateurs du Sénégal (UPAMES), Salif Mandiang, a été entendu le mercredi 21 octobre 2026 par la Commission d’enquête parlementaire sur les conditions de délivrance et de renouvellement des licences de pêche. L’audition a porté notamment sur les risques de conflit d’intérêts, les lenteurs administratives et la transparence des procédures.
Présidée par la députée Oulimata Sidibé, la séance a permis aux parlementaires d’interroger Salif Mandiang sur le rôle de l’UPAMES au sein de la Commission consultative chargée des licences de pêche. Créée en 1992, cette organisation représente les entreprises de mareyage et d’exportation de produits halieutiques.
Des questions sur les conflits d’intérêts
Interrogé sur un éventuel conflit d’intérêts lié à sa participation à la Commission consultative, Salif Mandiang a expliqué qu’il y siège comme représentant des professionnels du secteur. Selon l’Assemblée nationale, il a précisé que sa voix ne suffisait pas, à elle seule, à déterminer l’octroi des licences.
Il a également indiqué avoir obtenu sa propre licence auparavant et affirmé que les nouvelles délivrances étaient actuellement gelées.
Par ailleurs, le président de l’UPAMES a signalé des lenteurs administratives dans le traitement des dossiers depuis 2024. Il a notamment évoqué les retards de réponse des ministères concernés ainsi que des insuffisances dans la transmission des procès-verbaux. Ces difficultés ne lui permettraient pas toujours de vérifier l’exactitude des comptes rendus.
Un appel à renforcer la transparence
Au cours de l’audition, Salif Mandiang s’est prononcé en faveur d’une réforme du fonctionnement de la Commission consultative. Il a notamment proposé l’adoption d’un manuel de procédure et une plus grande ouverture de cette instance à la société civile.
Ces mesures viseraient à améliorer la transparence et la traçabilité des décisions relatives aux licences de pêche.
Le président de l’UPAMES a également alerté sur les risques de sanctions commerciales qui pourraient affecter les exportations sénégalaises vers l’Union européenne. Concernant la publication des licences, il a indiqué que les demandes étaient généralement déposées en juin et que les listes étaient publiées en juillet.
Enfin, il a précisé ne pas disposer des documents réclamés par les députés, les invitant à s’adresser directement aux autorités compétentes.
À l’issue de la séance, la présidente de la commission, Oulimata Sidibé, l’a remercié pour sa contribution. Elle a également indiqué qu’il pourrait être de nouveau sollicité si nécessaire.
Cette audition met en lumière les enjeux de transparence, d’impartialité et d’efficacité administrative dans l’attribution des licences de pêche. Elle s’inscrit dans les travaux parlementaires visant à examiner les procédures de gestion des ressources halieutiques au Sénégal.
