Au Mali, les préparatifs de la Tabaski, célébrée ce mercredi 27 mai, se déroulent cette année dans un climat particulièrement difficile. Le blocus imposé depuis fin avril autour de Bamako par le JNIM, affilié à Al-Qaïda, perturbe fortement l’approvisionnement de la capitale.
Des moutons rares et hors de prix
Même si des convois escortés par l’armée parviennent encore à entrer dans la capitale, les moutons destinés à la Tabaski sont beaucoup moins nombreux que les années précédentes.
Selon plusieurs témoignages, les prix ont flambé :
- les petits moutons vendus autrefois entre 50 000 et 75 000 FCFA coûtent désormais autour de 120 000 FCFA ;
- les prix les plus fréquents oscillent désormais entre 150 000 et 300 000 FCFA.
De nombreuses familles disent ne plus avoir les moyens de respecter cette tradition religieuse dans les conditions habituelles.
Des alternatives forcées pour les familles
Face à cette hausse des prix, certains habitants se tournent vers des chèvres, des boucs ou même de jeunes bœufs partagés entre plusieurs familles.
La pression sociale reste toutefois très forte autour du sacrifice de la Tabaski, considéré comme un moment central de solidarité et de célébration.
Une économie paralysée par l’insécurité
Le blocus affecte également d’autres produits essentiels. Les prix des oignons, pommes de terre, du lait ou encore du poisson ont fortement augmenté à cause des difficultés de transport.
Les matériaux de construction, notamment le ciment, connaissent aussi une importante hausse des coûts.
Plusieurs dizaines de camions auraient été incendiés ces dernières semaines sur les axes routiers autour de Bamako.
Des déplacements devenus risqués
Traditionnellement, de nombreux habitants quittent la capitale pour rejoindre leurs familles au village durant la Tabaski. Cette année, beaucoup préfèrent rester à Bamako par crainte des attaques sur les routes.
Certains axes, notamment celui reliant Bamako à Ségou, sont considérés comme particulièrement dangereux.
Coupures d’électricité et pénurie de carburant
À cette situation s’ajoutent d’importantes coupures d’électricité. Dans plusieurs quartiers, les habitants affirment subir jusqu’à quinze heures de délestage par jour, voire plusieurs jours sans courant.
L’approvisionnement en carburant reste également difficile malgré l’arrivée récente d’un convoi de plus de 600 camions-citernes escortés par l’armée.
Les éleveurs aussi durement touchés
La crise affecte fortement les éleveurs maliens. Beaucoup ont préféré exporter leur bétail vers le Sénégal, la Mauritanie ou la Côte d’Ivoire afin d’éviter les risques liés au blocus et aux attaques jihadistes.
Mais ces détours entraînent des coûts supplémentaires importants, notamment avec le recours au carburant vendu au marché noir.
Pour de nombreux acteurs de la filière, cette Tabaski 2026 représente l’une des plus difficiles que le pays ait connues ces dernières années.
